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Catégorie : Art & petits plaisirs de la vie

L’Art nous permet de nous élever, que nous soyons spectateurs, acteurs ou créateurs. Maintenant, où débute et où se termine son territoire ? En ce début de XXIème siècle, l’évolution technologique a repoussé les limites culturelles du passé, et il est de plus en plus difficile de cloisonner l’Art dans un registre ou une intention bien précise. A la vérité, l’Art est partout, sa profusion provoque inévitablement sa banalisation. Néanmoins, il est intéressant, autant que faire ce peut, de témoigner du plaisir qu’il nous procure lorsque nous en rencontrons sa manifestation.

Et de deux, Dune

Le teaser de Dune est sorti, et après avoir vu les réactions de certains Youtubeurs, j’ai eu l’envie de revenir sur ce blog abandonné, pour cause de projets créatifs un poil accaparants.

Pourquoi l’envie ? Car Dune, pour moi, aura été, en premier lieu, une histoire d’amour littéraire, pas que ça parle d’amour, mais parce que j’ai aimé ce putain de cycle en vivant tout ce qu’on peut connaître dans une grande histoire d’amour… la passion, l’enivrement des sens, l’intemporalité d’un attachement, une fidélité entretenue par la richesse puissante d’une œuvre sans pareille (pour moi et ma pauvre culture en la matière).

Dune, j’ai dévoré les livres et bien entendu, ce qui a été le plus fort dans ce moment d’aventure culturelle, est mon admiration, encore intacte, pour un auteur, Frank Herbert, juste puissant, dans son intention comme dans la concrétisation de celle ci. Dune est avant tout un roman brillant, au pur sens du terme. D’une profondeur incroyable, abyssale, un sommet non de SF mais bien de littérature, dans son sens le plus noble et le plus beau.

Donc après ça, et depuis toujours, je fais partie de ceux qui pensent que Dune est inadaptable au cinéma, à la TV, en jeu, en ce que vous voulez, car même si un génie de la peinture peut créer une toile magnifique figurant la beauté d’une aurore, l’œuvre ne vaudra jamais l’aurore elle-même. Dune est une expérience dont la richesse, dont la substantifique moelle pour reprendre une expression délicieusement métaphorique un brin soutenu (oui chérie, je te dédicace ce passage), ne peuvent qu’être trahies ou simplement impossibles à rendre sur un écran. Les images ne sont que des images, là où les mots sont des allégories, des porteurs de symboles, des créateurs de monde. Ceci dit et convenu, on peut quand même concevoir qu’il y ait de bons films inspirés de Dune. J’ai aimé le Dune de Lynch, qui apporte en soi, presque de manière démentielle ou blasphématoire d’ailleurs, des concepts nouveaux (alors que la richesse du matériau originel n’est pas respecté, dans l’idée de la mission impossible précédemment évoquée). Œuvre bâtarde, résultat de ce qu’est la production d’un film où chacun donne son avis là où le sujet ne pouvait être qu’une vision, celle d’un artiste, celle d’un homme qui devient dieu de l’image pour créer un univers. Kubrick, Jodorowski étaient de ceux là, on a fait comprendre à Lynch, à l’évidence, que les théocraties n’avaient plus le vent en poupe à Hollywood. Mais j’aime l’esprit du film, cette cérébralité au cœur du film, celle de ce messie qu’est Paul, cet homme qui devient dieu (autre roman de Herbert qu’il faudrait que je me décide à finir d’ailleurs), puis qui chute, dans un cycle dont tout ce que le grand public ne connaît vraiment n’est qu’un tout petit prélude.

J’écris cet article car je suis tombé sur une vidéo putassière sur Youtube, dont l’idée est juste de profiter de la vague créée par l’annonce du teaser. Je dis vidéo, mais non, c’est bien une putasserie, mot bien moche, mais qui pour le coup décrit bien le principe : un titre et hop, le travail de critique est fait. Enfin une variante du critique, le boucher critique, ou le critique à la sauce 2.0 spé 280 caractères. Donc, je vois « Dune, à la croisée de Starwars et de GOT ». Et sincèrement, j’en ai marre, mais marre, mais marre, qu’on dise que Starwars a tout inventé, là où si j’étais méchant (je ne le suis pas, sinon ce serait bien pire), je dirai que la saga avec les Jedi n’est rien d’autre que Starwars pour les nuls. Oui, je pourrais être méchant si j’étais un youtubeur enragé souhaitant véhiculée sa sainte parole, rien qu’en mettant en exergue l’abomination d’une saga en 9 épisodes qui est la quintessence de l’incohérence scénaristique… le premier SW donc le quatrième (tiens, encore un argument démontrant que c’est construit n’importe comment), déjà, pille Dune. J’ai pas envie d’aller faire de l’archéologie culturelle pour voir les idées et les talents qui ont été débauchés à l’époque du projet de Jodorowski pour atterrir sur le SW de Lucas. Je vois juste que ça se passe sur une planète désertique, que le héros a un énorme potentiel caché, que son mentor utilise la voix, qu’il y a une princesse plus intelligente que la cruche attendant qu’on vienne la sauver, un empereur et un empire, et j’en passe… SW emprunte à Dune, SW est le récépissé d’une influence, d’un phénomène culturel d’une époque, celui que fut Dune, déjà. Alors, lire maintenant que c’est l’inverse, parce qu’à la « croisée » d’une autre œuvre, ça me fait mal.

Oui, je sais. On va me dire que c’est parce que le but, c’est chercher à retrouver l’effet SW, maintenant que celui s’est étiolé dans le désastre narratif qu’il a connu au fur et à mesure que les chercheurs d’or ont tenté de prendre une part du butin en tamisant à l’aveugle dans le gros filon devant eux. Oui, le studio veut certainement que le film devienne un objet de vénération, d’adoration, donc source de profit, comme a pu l’être et l’est encore, SW. Après, et c’est juste élémentaire, l’oeuvre initiale n’est pas facilement accessible car sèche, froide, philosophique, panoramique, comme son héros, très cérébrale. Paul est un dieu en devenir, mais avant tout c’est un homme qui pense, qui crée de vertigineux raisonnements sur tout ce qui l’entoure. Pour devenir un Dieu créateur, il se met en devoir, déjà, de comprendre le monde qui l’entoure, de résoudre les énigmes de cet univers fascinant qu’est Dune. Un univers qui ne tient qu’en quelques volumes, 7 je crois, que j’ai dévoré jusqu’à découvrir avec horreur que l’auteur n’avait pas eu la décence de rester en vie pour écrire la suite. Frank Herbert, tu seras toujours pour moi la seule personne sur terre pour laquelle j’aurais tenté de trouver un remède à la mortalité. Le champion du cliffhanger suprême. Et en si peu de volume, si on imaginait un truc à la SW, on pourrait imaginer deux trois aventures du même tonneau, rondement menées. Non, en si peu de volumes, le bonhomme dessine une histoire qui se déroule sur des millénaires, en posant de grandes thématiques qui sont au delà de l’érection d’un empire nazi voulant étendre son désir colonialiste sur un univers qui l’air de rien, sera toujours si infini qu’il ne peut en avoir, dans le fond, que rien à foutre.

Concernant GOT, c’est encore pire… S’il y avait l’espoir de voir de la fesse bien tendre et des choses coquines qui excite le bourgeois inhibé, encore… mais non, le roman d’Herbert ne se perd jamais là-dedans. Allez, en pensant à mon favori, le fils et pas le père, Léto, je pourrais imaginer un truc japonais avec un gros ver lubrique. Sauf que son vice à celui là est juste de cloner, indéfiniment, celui qui va le tuer. Saisir l’essence de Dune, c’est à la fin de l’empereur Dieu qu’il est possible d’en saisir un peu la vibration, dans le sacrifice/suicide, dans la délivrance expiatoire et sacrificielle du monstre qu’est devenu Leto, comme son père, Dieu vivant devant mourir pour que vive l’univers.

Bonne chance pour traduire ça en film. Mais j’ai hâte de voir le film de Villeneuve, sans le comparer à rien, car oui, un cinéaste plus que doué, une histoire magnifique, des bons acteurs, des images qui promettent bien, ça me suffit à me dire que je vais passer un moment de folie.

J’ai donc hâte, mais pitié, ne me parlez pas de SW ni de GOT.

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Lâcher prise

Toujours tenir
Jamais faillir
C’était mon mot
D’ordre
Avant
Maintenant
Partir
Fuir
Lâcher
Prise
Mots
D’ordre
Et de raison
Face à l’inutile
Ne plus opposer
Une absurde résistance
Ne plus répondre
Aux attentes
Imprévisible
Lâche impétueux
Sachant
Lâcher
Sans scrupules
Ni tourments
La douce sensation
De la chute
Libre
Nuque relâchée
Front dégagé
Yeux clos
Abandon
Perdre l’obsession
De l’emporter
Lâcher
Le fardeau
Garder
Sa force
A embrasser
Le vide
A remplir
Libérer mes mains
Déplier les phalanges
Oublier la pression
Des rêves d’antan
Des envies d’avant
Un phénix blanc
Dévorant
Le firmament
Une plume d’argent
Ballotant au vent
Chutant
Délicatement
Doux sifflement
D’une bise étrange
Soudain
J’air
Au gré du vent
Enfin
Serein
Séraphin
Flamme douce
Étincelle
Fugace
Virevolte
Et s’éteint.

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Wasting my young years

Une guerre, des jeunes hommes et femmes qui partent sur un champ de bataille sans comprendre ce qui les attend vraiment… Apprentissage de la violence, de la mort, de l’absurde. Gaspillage de temps, d’une jeunesse qui s’envole. Je travaille sur ce projet, ce pitch, et la chanson de London Grammar me permet de m’immerger dans l’ambiance parfaite pour saisir le nihilisme inhérent à la situation.

L’album de ce groupe sur itunes

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L’énigme de Gustave Doré

Je suis allé faire un tour au Musée d’Orsay durant mes dernières trop courtes vacances, et j’ai pris vulgairement un pied d’enfer dans ce lieu qui est devenu tout bonnement magique. J’y étais allé une dernière fois en 1997, et presque 20 ans plus tard, les progrès réalisés notamment dans l’aménagement de l’espace et la gestion de la lumière sont juste fabuleux. Que dire sinon que j’ai blindé mon téléphone de photos et de vidéos, et notamment une toile de Gustave Doré que j’ai découvert, intitulé « L’énigme ». Je connaissais l’artiste par ses gravures, mais le peintre m’a vraiment bluffé, et cette toile notamment dégage une puissance et une mélancolie tout à fait particulières. Qui est cet ange qui jette un regard implorant, presque tendre, à ce sphinx sorti des âges et des temps mythologiques ? J’ai vu les commentaires, les interprétations, les critiques, mais personnellement c’est ce lien étrange entre l’ange figure omniprésente des religions monothéistes (en tant que messager d’une autorité divine omnipotente) et le sphinx, chimère ambiguë d’un univers polythéiste dont la raison semble défier celle des hommes arrogants qui s’y confrontent.

Encore, j’y retrouve la confrontation entre l’homme et la bête, entre l’ange et le monstre. Entourés par les corps inertes d’une humanité agonisante ou morte, les deux acteurs semblent mutuellement se poser une question dont ils ne possèdent pas la réponse. Absurde dialogue qui renvoie à l’inanité d’une humanité vouée à détruire. Encore, j’y vois un amour étrange entre deux être que tout oppose, tant les gestes trahissent la tendresse. L’ange et le sphinx se regardent l’un l’autre, plongent en eux-même. L’énigme ultime étant de se demander ce qu’ils voient dans le reflet de leurs regards désabusés.

1° Ayant la flemme de récupérer les photos de mon mobile, je vous mets ci-dessous une video youtube sur Gustave Doré réalisé par Lorenzo Papace & Vincent Pianina par rapport à une exposition sur Gustave Doré qui eut lieu en 2014 – c’est beau, la musique de Ödland est hypnotique, ça vous fera du bien.

2° En même temps que j’écris ces lignes, j’entends sur la chaine 23 que l’émission Alien theory parle juste du Sphinx de Gizeh – donc je vais m’arrêter de surfer pour poser ma rétine sur les leds surchauffées de ma tv. Personnellement, après moult lectures sur le sujet, j’ai l’impression que c’est davantage un bâtiment qui a été sculpté antérieurement qu’une bête sculpture monumentale d’un monstre mythologique. Ça frappe personne que des gars qui ont construit les plus immenses bâtiments de l’histoire utilisaient des dessins comme toute écriture…

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Lost on you

Que reste-t-il d’un amour perdu, des années après ? De ces moments d’errance, se cherchant soi-même à la périphérie de cet autre, tant fantasmé ?

Mon coup de cœur du WE, un peu à la bourre car ça fait quelques mois que je l’écoute, mais il faut le bon moment d’une chaude nuit (de fin) d’été pour marquer le coup, hanté par quelques souvenirs tenaces… malgré le temps qui passe.

Plus bas, les belles paroles de cette chanson de Laura Pergolizzi  (LP) disponible(s) sur Google Music, rapidement traduites, parce que j’ai trouvé des interprétations… spéciales. Le plus délicat concerne l’interpréation du « on » – en, pour, avec… pour moi c’est cette confusion qui rend la chanson profondément émouvante, car l’être aimé est à la fois le but et le détenteur de cet amour dont il ne reste que des braises falling, tender…

When you get older, plainer, saner
Quand tu deviendras plus vieux, plus lucide, plus raisonnable
Will you remember all the danger
Te rappeleras-tu tous les dangers
We came from?
D’où nous venions (que nous avons rencontré)
Burning like embers, falling, tender
Brûlants comme des braises, qui tombent, tendrement
Longing for the days of no surrender
Nostalgie des jours sans reddition
Years ago
Des années de ça
And will you know
Et sauras-tu (?)

So smoke ’em if you got ’em
Alors fume(consume)-les si tu en as
‘Cause it’s going down
Car ça s’en va

All I ever wanted was you
Tout ce que j’ai toujours voulu c’était toi
I’ll never get to heaven
Je n’irai jamais au paradis
‘Cause I don’t know how
Car je ne sais pas comment (y parvenir)

Let’s raise a glass or two
Levons un verre ou deux
To all the things I’ve lost on you
À toutes les choses que j’ai perdues en/pour toi
Oh-oh
« 
Tell me are they lost on you?
Dis-moi, sont elles perdues en/pour toi ?
Oh-oh
« 
Just that you could cut me loose
Juste que tu pourrais me mettre en pièces (me couper en vrac)
Oh-oh
« 
After everything I’ve lost on you
Après toutes choses que j’ai perdues en/pour toi
Is that lost on you?
Est-ce perdu en toi ?

Oh-oh-oh-oh, oh-oh
« 
Oh-oh-oh-oh
« 
Is that lost on you?
Est-ce perdu en/pour toi ?
Oh-oh-oh-oh, oh-oh
« 
Baby, is that lost on you?
Baby, est-ce perdu en/pour toi ?
Is that lost on you?
Est-ce perdu en/pour toi ?

Wishin’ I could see the machinations
Souhaitant que je pourrais voir les machinations (calculs)
Understand the toil of expectations
Comprenant la pénibilité des attentes
In your mind
Dans ton esprit (dans ta tête)
Hold me like you never lost your patience
Tiens-moi comme si tu n’avais jamais perdu patience
Tell me that you love me more than hate me
Dis-moi que tu m’aimes davantage que tu me hais
All the time
Tout le temps
And you’re still mine
Et tu seras encore à moi

So smoke ’em if you got ’em
Alors fume(consume)-les si tu en as
‘Cause it’s going down
Car ça s’en va
All I ever wanted was you
Tout ce que j’ai toujours voulu c’était toi
Let’s take a drink of heaven
Prenons un verre de paradis
This can turn around
Ça peut s’améliorer

Let’s raise a glass or two
Levons un verre ou deux
To all the things I’ve lost on you
À toutes les choses que j’ai perdues en/pour toi
Oh-oh
« 
Tell me are they lost on you?
Dis-moi, sont elles perdues en/pour toi ?
Oh-oh
« 
Just that you could cut me loose
Juste que tu pourrais me mettre en pièces
Oh-oh
« 
After everything I’ve lost on you
Après toutes les choses que j’ai perdu en/pour toi
Is that lost on you?
Est-ce perdu en/pour toi ?

Oh-oh-oh-oh, oh-oh
« 
Oh-oh-oh-oh
« 
Is that lost on you?
Est-ce perdu en/pour toi ?
Oh-oh-oh-oh, oh-oh
« 
Baby, is that lost on you?
Baby, est-ce perdu en/pour toi ?
Is that lost on you?
Est-ce perdu en/pour toi ?

Let’s raise a glass or two
Levons un verre ou deux
To all the things I’ve lost on you
À toutes les choses que j’ai perdues en/pour toi
Oh-oh
« 
Tell me are they lost on you?
Dis-moi sont-elles perdues en/pour toi ?
Oh-oh
« 
Just that you could cut me loose
Juste que tu pourrais me mettre en pièce
Oh-oh
« 
After everything I’ve lost on you
Après toutes les choses que j’ai perdues en/pour toi
Is that lost on you?
Est-ce perdu en/pour toi ?
Is that lost on you?
Est-ce perdu en/pour toi ?

Written by Laura Pergolizzi, Nathaniel Campany, Michael Gonzales • Copyright © Warner/Chappell Music, Inc, Universal Music Publishing Group

Disponible ici, entre autres…

Et si vous voulez vraiment découvrir à quel point Mademoiselle Pergolizzi est talentueuse, la version en live est juste bouleversante…

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Un ange passe…

Je ne peux qu’adorer le titre de Coldplay, Hymn of the Weekend, car j’ai vécu exactement ce qui est raconté dans cette chanson. Si je me targue de posséder une véritable spiritualité, je suis trop libertaire pour m’en remettre aux codex simplistes des différentes religions qui composent notre horizon métaphysique. Mais une fois, à un moment crucial, j’ai fait/eu un rêve vraiment étrange et pénétrant, pour paraphraser le poème de Verlaine, qui m’a littéralement galvanisé.

When I was hurt, withered, dried up
You came to rain a flood

Elle m’a juste dit quelques mots… et encore maintenant, quand j’ai un moment de blues, ces paroles me donnent encore la force de me relever et d’avancer. Je n’ai malheureusement pas de certitudes, ou d’explications à fournir concernant cette expérience. Mais la chanson de Coldplay résume intégralement ce que j’ai ressenti et continue au jour le jour à ressentir.

Et le clip est un véritable petit bijou qui, contrairement à ce qui est induit par la polémique actuelle (récupération à des fins mercantiles d’une imagerie pour touristes de l’Inde), évoque la magnificence d’une culture à tout point de vue riche et chatoyante.

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Mort d’Hubert Mounier

Rien à dire, sinon que L’Affaire Louis Trio était un repère joyeux et gai dans ma vie d’adolescent depuis longtemps révolue (quoique…).

J’ai immédiatement pensé à cette chanson magnifique, « Loin » qui a marqué mon entrée dans l’âge adulte et les premiers regrets amoureux.

Repose en paix Hubert Mounier, la beauté de ton art resplendira toujours dans ta voix si belle et émouvante… dont ces vidéos font dès à présent le nostalgique écho.

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Kung Fury : 30 minutes de bonheur décomplexé

Un vrai régal que ce petit film concocté par Adam Sandberg, référentiel en diable avec en leitmotiv tous les petits travers filmiques et scénaristiques en cours dans les productions ciné des années 80. Nous ne sommes même plus au stade de l’Easter Egg, tant chaque image, chaque scène, regorge de clins d’œil à des productions ludiques ou cinématographiques/télévisuelles de l’époque.

Financé en partie grâce au Crowfunding, le budget de ce petit bijou décalé d’un montant final aux alentours de 630 000 $ semble dérisoire au vu de certains blockbusters hollywoodiens qui peinent à parvenir à une même efficacité ! Apparemment, A. Sandberg aurait développé tout un merchandising autour de son joyau foutraque, et vous trouverez davantage de détails dans cet excellent article sur Clubic !

Personnellement, mon fils a déjà projeté de m’offrir, pour l’imminente fête des pères, le jeu dispo sur Steam pour la somme effroyable d’1,99 € (soit un euro de plus que le budget prévu).

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Mad Max Fury Road : vous avez dit grandiose ?

 

Je suis un vieux fan de la trilogie Mad Max, de ceux qui encore maintenant se retapent dès qu’ils le peuvent le second opus, un pur chef d’œuvre qui a marqué son époque et influencé une tripotée d’autres auteurs/créateurs. Alors oui, c’est comme pour Sergio Leone, il y aura toujours des jusqu’au-boutistes qui pinailleront en arguant de petits bémols qui sont généralement le fruit d’une subjectivité mal identifiée (comment ça, moi-je ?). Un peu comme Mad Max Fury Road, tout n’est pas parfait, et pour cause, ça ne l’est jamais (Once upon a time in the West, peut-être ?)… et on s’en fout, non ? Hier soir, j’ai pris une super claque, en matant un film tout simplement grandiose.

Je pourrais faire l’audit de toutes les qualités esthétiques du film, mais finalement c’est peut-être son seul défaut. À force d’esthétisation et de design, on arrive un peu à une ambiance de type jeu vidéo. Tout est sale, mais magnifiquement sale. Le désert est sablonneux et aride à souhait, mais toujours photogénique et bordéliquement bien rangé (j’oximorise si je veux… et j’hapaxe si je veux aussi… et je barbarise si ça me prend… je vous embête avec vos libertés personnelles, moi ?). C’est beau, la rétine en prend pour son grade (mode général des armées), et il y a constamment des trouvailles qui démontrent que notre ami Miller n’a rien perdu de son inspiration, au contraire. Il en a sous le capot, le géniteur de notre ami Babe le cochon ! Mention spéciale à l’orchestre ambulant qui déambule au gré de la chevauchée sauvage initiée par Immortan Joe, lancé aux trousses de l’Imperator Furiosa. C’est réellement magnifique, bourré d’idées… mais un poil trop propre peut-être, et en cela Mad Max 2 restera éternellement plus sauvage et transgressif que le bruyant mais un brin (ca)racoleur Fury Road.

Bon, après faut pas non plus déconner, c’est du grand cinéma. En tant que spectateur, je suis devenu une petite boule de flipper frénétique, subissant les impulsions sauvages d’une narration sans temps morts. J’exagère à peine, les quelques et brèves scènes d’exposition ou transition ne sont que de petits oasis avant un énorme tour de grand huit. Je me rappelle péniblement certains films où la frénésie d’images laissaient à la fois dubitatifs et presque nauséeux (Avengers 2 ?)… C’est tout à fait loin d’être le cas de Mad Max Fury Road qui enquille ses séquences avec une belle virtuosité, sans sombrer dans la pétarade grottesque ou d’intenses et inutiles séquences de destruction massive (ce qui devient le passage obligé des productions hollywoodiennes depuis quelques années).

Au niveau de l’intrigue, j’ai l’impression que Fury Road est effectivement davantage un reboot qu’une suite. J’aurais même envie de dire qu’on est pas loin du remake du second opus de la précédente trilogie, tant certaines thématiques et intrigues sont réactualisées. Rédemption/changement de bord pour le sidekick ; chevauchée sauvage dans les deux récits, avec des ressorts similaires (faux convoi destiné à tromper et décimer l’ennemi pour le film avec Gibson, et changement de plan permettant de tromper et décimer l’ennemi dans le second) ; enfin, phase nihilisme/obsession/rédemption/vengeance pour notre Max Rockatansky qui semble tout juste sorti du drame vécu dans le 1er Mad de la première Trilogie, qui conditionne toute la psychologie de héros (et son titre). C’est d’ailleurs amusant comme le Fury Road fait un pont avec le précédent opus, en n’explicitant jamais les raisons des visions psychotiques de Max / Tom Hardy. Les vieux de la vieille sont dans la confidence, tandis que les nouveaux spectateurs, loin d’être stupides (Miller fait donc le pari contraire à la majorité des producteurs hollywoodiens qui insistent généralement très lourdement en évitant toute ellipse narrative et en forçant le trait à l’aide de procédés type image sepia/moirée/sous-titrée « ten years ago »), doivent malgré tout postuler sur les raisons ayant poussé Max à toujours fuir des fantômes qui n’en finissent pas de le hanter.

Alors, Tom Hardy dans le rôle de Max ? Personnellement, j’ai adoré, et il n’y aucune comparaison avec la prestation déjà magistrale de notre bon vieux Mel Gibson. Le Max de Mel était sauvage, à fleur de peau, quelque part à la fois fragile et incorruptible. Le Max d’Hardy est davantage animal, massif, presque ahuri. Mais justement, l’acteur nous offre un personnage complètement différent, plausible, et sympathique.

Charlize Theron ? Comme d’hab, ai-je envie de dire… Elle capture l’objectif, et s’accapare les moments émouvants et grandioses (la découverte du destin de la terre verte…). Véritablement, Charlize Theron est certainement la plus grande actrice de sa génération, ce qui n’était pas gagné avec son physique de mannequin peroxydé.

Nicholas Hoult nous offre enfin un rôle véritablement consistant en terme d’interprétation (pas que je l’aime pas en bleu dans la saga x-men, mais retrousser les babines n’est pas non plus ce que j’attends d’un acteur… et puis au passage, vous vous êtes pas marré, vous, quand vous avez vu sa première version du Fauve ?). Que ce soit dans Warm Bodies ou Jack et l’abricot magique (oui, ce n’est pas un haricot, arrêtez de croire tout ce que vous lisez sur des blogs comme le mien, y a que des névrosés qui sont capables d’écrire autant d’inepties en se prenant au sérieux), il convainquait, certes, mais n’émouvait pas. Miller lui offre un rôle casse-gueule par excellence, et au contraire, il révèle toute la palette d’un acteur qui l’air de rien, est en train de réaliser une belle et jeune carrière (maintenant que nous sommes convaincus qu’il n’a pas besoin de prothèses faciales, quoi !).

Pour le reste, bah, je ne vous déflorerai pas l’intrigue. Ah si, je me suis marré en pensant à certaines critiques concernant le pseudo-féminisme de Miller, camouflant à l’encontre des velléités machistes (vieille philosophie à base de poils). Alors, oui, Mad Max Fury Road est bien un film féministe et dans le meilleur sens du terme. Les femmes ont les graines (superbe métaphore pour les balles, qualifiée par une des héroïnes, « d’anti-graines » – tout ce qu’elles plantent, elles le tuent), c’est grâce à elles que le monde peut exister, avoir un avenir. Certaines sont montrées comme de simples objets, convoitées par des hommes libidineux ? Toutes (car il n’y a pas que des bimbos dénudées), se battent, résistent, se révoltent, tuent, meurent. Mention spéciale pour la porteuse de graine, et bien sûr, l’Imperator Furiosa, régalienne. Mad Max Fury Road est un film féministe par excellence car il parle de résistance, et évoque justement les combats féministes du siècle dernier, quand tout était à gagner par les femmes (dont le droit à participer au massacre de la démocratie représentative). Si montrer une jolie fille, même du point de vue d’un homme, est un acte machiste, c’est faire un procès à l’idée de féminité, et sa connotation habituelle de beauté et de grâce. Miller, dans Mad Max Fury Road, justement, nous offre à la fois l’image d’une Furiosa asexuée et mutilée, qui complète celle des favorites, effectivement façonnées pour répondre aux désirs et attentes de l’homme. Deux concrétisation de la féminité, l’une dans la force et la martialité, l’autre dans la douceur et la sensualité. Et que dires des mères qui ouvrent les valves de l’eau source de vie, et des matriarches usées et fanées par le temps ? Le film de Miller ne parle pas d’une femme, mais des femmes, sans justement cantonner ce sexe a un simple rôle de faire valoir ou d’objet pour les hommes du récit, Max en tête. D’ailleurs, l’issue du film m’a rappelé la fin de Once upon a time in the west, quand Claudia Cardinale regarde partir l’Harmonica. Dans les deux films, la femme forte et résistante représente l’avenir et le bonheur, celle qui construit et fait germet l’avenir (d’ailleurs dans les deux films, la scène finale voit la/les femme(s) apporter de l’eau à une humanité assoiffée) tandis que l’homme ne peut que retourner dans le désert de sa solitude et du passé (y a un © sur cette phrase, donc merci de pas la copier/coller, svp).

La bande annonce du film, au cas où vous auriez oublié l’existence de Google :

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I’m not in love

J’adore cette version de Diana Krall du tube immortel de 10cc, et vu que j’ai la flemme de chercher dans mes favoris, j’utilise mon blog pour me détendre en fin de journée 😉 et me faciliter la tâche !

« Big boys don’t cry… » Et à la fin de la vidéo, n’hésitez pas à découvrir les autres chansons réinterprétées par la talentueuse artiste à la voix vacillante, comme Don’t dream it’s over de Crowed House ! « They come to build a wall between us…. »

I’m not in love
So don’t forget it
It’s just a silly phase I’m going through
And just because
I call you up
Don’t get me wrong, don’t think you’ve got it made
I’m not in love, no no, it’s because..

I like to see you
But then again
That doesn’t mean you mean that much to me
So if I call you
Don’t make a fuss
Don’t tell your friends about the two of us
I’m not in love, no no, it’s because..

I keep your picture
Upon the wall
It hides a nasty stain that’s lying there
So don’t you ask me
To give it back
I know you know it doesn’t mean that much to me
I’m not in love, no no, it’s because..

Ooh you’ll wait a long time for me
Ooh you’ll wait a long time
Ooh you’ll wait a long time for me
Ooh you’ll wait a long time

I’m not in love
So don’t forget it
It’s just a silly phase I’m going through
And just because I call you up
Don’t get me wrong, don’t think you’ve got it made
I’m not in love
I’m not in love

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