Oblivion : référentiel & efficace

Affiche du film OblivionTom Cruise est de retour dans un blockbuster au concept intrigant et original ; pour commencer, la guerre est termin√©e, et son personnage √©volue dans les d√©combres d’un conflit simplement et rapidement √©voqu√© en d√©but de m√©trage. Ce principe un poil pessimiste, voire fataliste, est √©trangement en corr√©lation avec l’analyse d√©senchant√©e d’une soci√©t√© occidentale dont certaines pythies annoncent sans cesse le lent mais in√©luctable d√©clin.

La guerre est ici assez m√©taphorique, le premier acte de ce conflit √©tant marqu√© par la destruction de la lune, astre symbolisant l’acte de r√™ver, d’esp√©rer. Donc plus de lune, plus d’espoir, et un homme (Jack Harper aka Tom Cruise) charg√© de la maintenance de drones faisant la chasse aux m√©chants aliens survivants qui veulent continuer leur basses Ňďuvres. Intrigue √† trous, un poil bancale (avec le bon vieux fantasme de l’arme nucl√©aire comme r√©ponse ultime), car comme toujours pas tr√®s logique ; en imaginant qu’un camp poss√®de la puissance de feu et la technologie pour exploser un satellite de la taille de la lune, il est difficile de croire que l’arme nucl√©aire, assez brouillonne et peu pr√©cise, puisse se r√©v√©ler efficace. Mais bon, un peu comme pour les √Ęmes vagabondes, on c√®de au postulat initial en conc√©dant un cr√©dit g√©n√©reux √† tous les principes annonc√©s.

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Le blog Minion Factory : De l’humour et de la classe

Il y a des fois o√Ļ le net r√©serve de bien belles surprises, comme ce matin en tombant, au gr√© des news, sur le blog Minion Factory d’un artiste canadien, Phil Postma, v√©ritable caverne d’Ali Baba pour tout f√©ru de pop culture. Marvel, Dc, Star Trek, Star Wars, et bien d’autres franchises c√©l√®bres sont mises en sc√®ne ou pastich√©es dans des vignettes pleines d’humour et d’inspiration. Croisant les univers, m√©langeant les styles graphiques et les modes, l’artiste nous livre un travail sans pr√©tention mais d’une finition irr√©prochable, et surtout, avec une belle efficacit√© dans la mise en sc√®ne et la sc√©nographie.

Alors voilà, rien de plus à dire, si vous voulez passer un bon petit moment on the web, allez directement sur le blog de Phil Postma : http://minionfactory.blogspot.co.uk

La bannière du blog Minion Factory de Phil Postma
La bannière du site de Phil Postma Рtous droits réservés à ce talentueux artiste.

Vous y passerez un peu de temps car vous aurez de quoi faire devant la prodigalit√© et l’inspiration de l’artiste, qui en plus, √† le culot de savoir se renouveler ! Du tr√®s beau travail.

Les √Ęmes vagabondes : l’art de la guerre pacifique

At home, j’ai deux sp√©cimens du genre f√©minin qui ne s’en laissent pas compter (conter ? ;-p) question litt√©rature : Anne Robillard, Stephenie Meyer, sont des auteures qui ont su trouver leur public, et tout est bien dans le meilleur des mondes. Le probl√®me, c’est qu’en passant, y a quand m√™me de l’iconoclastie parfois d√©rangeante. Des vampires qui brillent au soleil, des loup-garous apprivois√©s, franchement, fallait oser ces sacril√®ges, contrevenant aux codes √©l√©mentaires du genre. Quelque part, √ßa pourrait m√™me √™tre original, si l’histoire derri√®re le concept ne d√©lirait pas dans le trip adolescent sans tenir compte d’une once de logique. Enfin, si au bout d’un centenaire, vous n’en avez pas marre de vous taper tous les ans le programme de terminal et partager les pr√©occupations adolescentes de vos cothurnes, c’est que √ßa confine √† la perversit√© la plus totale !

image des √Ęmes vagabondes d'Andrew Niccol tir√© du roman de S. Meyer
¬ę¬†je t’√©claire un peu sur la question..¬†¬Ľ – ¬ę¬†ah oui, pourtant t’es pas une lumi√®re¬†¬Ľ : je vous rassure, ce ne sont pas les dialogues du film.

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The Grandmaster : Princess of China

Afiche du film the GrandmasterHier, sortie de The Grandmaster, un film de Wong Kar-Wai, que je me suis empress√© d’aller voir, √©tant fan de film d’arts martiaux depuis ma plus tendre enfance et les roulements d’√©paules de Bruce Lee. Belle surprise √† l’arriv√©e, pour un film d√©passant largement le genre que son titre et tout le mat√©riel de communication annon√ßaient fi√©vreusement. Rien que l’affiche du film est en soi un beau trompe-l‚ÄôŇďil de ce que r√©serve r√©ellement l’intrigue, davantage concern√©e par les passions humaines que par les performances martiales.

Annonc√© comme un biopic du fameux Yip Man, ma√ģtre du petit Dragon, j’avais d√©j√† vu sur le sujet les deux films de Wilson Yip sortis avec Donnie Yen (Ipman 1 & 2), qui √©taient √† mon sens deux tr√®s agr√©ables films d’arts martiaux (comprendre dans ce g√©n√©rique qu’on parle d’une histoire lambda pr√©texte √† de beaux pugilats, avec un h√©ros gagnant √† la fin par la force de ses poings. Yatta !). Il y a d’ailleurs des choses √† dire sur les trois films, en osant la comparaison avec la politique actuelle de la Chine. Notamment la d√©nonciation, plus ou moins haineuse, envers l’occupation japonaise qui a profond√©ment marqu√© ce pays, et le respect mesur√© pour l’envahisseur anglais, incarnant une forme de capitalisme in√©vitable qui est toujours proph√©tis√© de mani√®re sibylline comme une voie √† suivre (en fait, point d’anglais dans le film de Wong Char Kai, mais une constante invitation √† aller de l’avant et √† diffuser le savoir – mentalit√© antagoniste avec l’id√©e v√©hicul√©e auparavant d’une Chine ne voulant pas s’ouvrir au monde). Mais si ces opinions sont fortement marqu√©es dans les films de Wilson Yip (les japonais n’ont jamais √©t√© aussi r√©pugnants de perfidie, et les anglais sont tous soit corrompus soit vaniteux), avec un message permanent rappelant l’importance de l’union et de la force populaire, ce n’est pas le cas du film de Wong Char Kai, qui √©voque souvent les faits historiques avec une franche volont√© d’apolitisme. Continuer la lecture de « The Grandmaster : Princess of China »

Fermeture de LucasArts : une erreur de communication ?

La fermeture de LucasArts annonc√©e par Disney, et qui a fait l’objet d’un article nostalgique dans ces colonnes, continue de faire du bruit, mais devant tant de fureur et de haine, certains se risquent √† une analyse moins partisane de cet √©v√©nement. Ainsi, sur ce site, j’ai pu d√©couvrir une r√©flexion int√©ressante, justifiant en partie le choix de Disney. Et c’est vrai que le journaliste n’a pas tort quand on pense aux franchises abandonn√©es, tr√©sor dormant en cette p√©riode obs√©d√©e par les revival 2.0 Hd. Maintenant, c’est tout de m√™me une sacr√©e erreur de communication √† laquelle nous assistons, car il d√©montre une certaine n√©gligence d’un public dont Disney vient tout de m√™me d’acqu√©rir d’importants vecteurs d’int√©r√™t.

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Le coté obscur de la farce РAdieu LucasArts

Je ne pr√©tendrai pas √™tre l’auteur de ce titre comique, je me demande m√™me si ce n’est pas chez Mel Brooks o√Ļ mon inspiration a trouv√© sa substantifique moelle… Peu importe, c’est tout √† fait ce que j’ai pens√© en d√©couvrant ce jour l’annonce de la fermeture du studio mythique LucasArts. Vu sur allocine.fr, un article bien foutu sur la question, √©voquant d’ailleurs les prises de position en mode girouette de l’actuel PDG de Disney…

Pour tous les gamers qui entretiennent un peu d’affect pour l’histoire du jeu vid√©o, c’est la fin d’une marque mythique, avec ce logo au look de peinture rupestre qui annon√ßait tr√®s souvent du vrai et pur plaisir ludique. Je pense notamment aux Monkey Island, Zak Mc Kraken, Maniac Mansion, ou encore les jeux d’aventure avec Indiana Jones, et plus encore, la saga des X-Wing, particuli√®rement bien r√©ussie (je les ai √† peu pr√®s tous dans ma ludoth√®que). LucasArts a contribu√© de mani√®re historique au genre naissant du jeu vid√©o, en d√©montrant √† de nombreuses reprises qu’un point de vue cin√©matographique pouvait √™tre appliqu√© au jeu vid√©o.

dessin humoristique concernant le rachat de Lucas par Disney chez Arcticdreamer.fr
Use the farce, Luke !

Apparemment, si on se fie aux propos tenus dans l’article (mais que je n’ai pas de raison √† mettre en doute), tout √ßa pour du business de licence, exercice √ī combien moins risqu√© que le d√©veloppement et la cr√©ation pure et dure. Beaucoup ont grimac√© en apprenant le rachat des franchises de Lucas par Disney, et ce genre d’√©v√©nement n’est pas fait pour leur donner tort.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De la transparence √† l’aust√©rit√© : science physique de la politique

Nous sommes en pleine phase de ¬ę¬†gueule de bois¬†¬Ľ d√©mocratique ; devant les efforts que le gouvernement et le petit monde politique ne cessent de demander aux fran√ßais, et de mani√®re plus √©largie, aux europ√©ens, le d√©ficit public ne cesse d’intriguer le p√©quin moyen √† qui on ne cesse d’annoncer que son train de vie co√Ľte cher. Enfin, le scandale Cahuzac, initi√© par M√©diapart, organe de presse qui d√©range (mais qui se r√©v√®le de plus en plus utile en r√©pondant √† une forme d’id√©al du journalisme qui trouve, il est h√©las vrai, peu d’incarnations en France), et qui a ouvert le d√©bat sur cette partie obscure, que nos politiciens se sont toujours ing√©ni√©s √† dissimuler, soit leur r√©mun√©ration et leur capital. La politique, dans notre culture r√©publicaine, est toujours quelque part associ√©e √† la poursuite d’un id√©al, qui suppose le sacrifice de ses int√©r√™ts √† ceux d’un √©tat ou d’un peuple. En r√©alit√©, il est √©vident que le pouvoir, racine du mot politique, est souvent le graal que nos chers acteurs de gauche comme de droite, poursuivent r√©ellement. L’art du sophisme est devenu la base de l’exercice politique, et en repensant aux derni√®res √©lections pr√©sidentielles notamment, on ne peut qu’√™tre frapp√© par la vacuit√© des d√©bats, par l’inanit√© des strat√©gies ne reposant concr√®tement que sur des manŇďuvres de disqualification ou de d√©nonciation des opposants.

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Hunger Games, ou la fausse révolte

Ma fille ch√©rie, est venue me voir ce soir, boulevers√©e, pour me dire que l’h√©ro√Įne de la trilogie Hunger Games avait chang√© de couleur d’yeux entre le premier et le second acte, dont la premi√®re bande-annonce a √©t√© mise en ligne il y a 24 heures. Vous pourrez d’ailleurs voir ce trailer sur la page officiel du film Hunger Games 2 – L’Embrasement, sans avoir √† supporter le d√©tournement opportuniste d’un webnaute (ou subir les fanmade qui commencent √† pulluler). Personnellement, apr√®s v√©rification, je pense que ma fille souffre d’un souvenir traumatis√© par l’in√©vitable projection qu’elle a r√©alis√© √©tant jeune, en pleine p√©riode ¬ę¬†girl powa¬†¬Ľ suite √† une utilisation trop intensive de ses dvd Winks. Je ne rate pas une occasion, dans un acte de revanche d√©sesp√©r√© envers la jeunesse impudente de ma prog√©niture, de me moquer du premier opus que j’ai trouv√© particuli√®rement nul… Jugement tr√®s dur, et inhabituel de ma part, demeurant un spectateur tr√®s facile √† contenter (j’ai ador√© Solomone Kane de Michael J. Bassett (avec un excellent James Purefoy, qu’on voit trop peu), tandis que l’essentiel des critiques s’accordent √† dire que le film n’est pas tr√®s bon… j’assume !). Mais bon, connaissant et adorant de longue date le film Battle Royal de Kinji Fukasaku, qui est toujours le m√®tre √©talon sur le sujet, que de d√©ception en voyant cette p√Ęle copie, format√©e pour un public adolescent dont il ne faut surtout pas critiquer les √©lans consum√©ristes (sait-on jamais s’ils refusent d’acheter des goodies apr√®s la projection).

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Good bye Raymond Boudon

Un grand sociologue fran√ßais vient de nous quitter, et m√™me si en permanence il √©tait automatiquement oppos√© √† Pierre Bourdieu, sa m√©thodologie √©tait quelque part compl√©mentaire √† celle de son rival. L’individualisme m√©thodologique, rattach√© au lib√©ralisme par l’importance donn√©e aux choix personnels de l’individu face et dans la soci√©t√©, √©tait en cela une d√©claration optimiste quant √† la capacit√© de chacun √† forger son destin. Dans notre soci√©t√© fran√ßaise, scl√©ros√©e par les r√©flexes attentistes qui place l‚Äô√Čtat en sauveur de l’√©conomie, la m√©thodologie de Raymond Boudon faisait la promotion d’une volont√© situ√©e √† l’unit√©, en prenant toute la dimension des impacts de toutes ces individualit√©s sur la totalit√©. Alors, en France, l’immobilisme est-il le fait d’habitus tenant d’un traumatisme psychologique et culturel ? Ou la n√©gation des capacit√©s que rec√®lent notre √©conomie, nos comp√©tences, et nos savoir-faire, r√©duits dans l’√©quation √† un simple constat d’obsolescence ? La v√©rit√©, si elle existe, balance s√Ľrement entre ces deux p√īles, et l‚ÄôŇďuvre de Raymond Boudon en devient toujours et encore une n√©cessit√© et une source d’inspiration (comme nombre de ¬ę¬†sociologies¬†¬Ľ, saines et citoyennes disciplines, phagocyt√©es et pill√©es trop souvent par un marketing opportuniste).

Les débuts souvent périlleux de l'individualisme méthodologique
Les d√©buts souvent p√©rilleux de l’individualisme m√©thodologique

La vie privée selon Google

Comme il √©tait pr√©visible, Google suscite des r√©actions de plus en plus forte concernant les possibles atteintes √† la vie priv√©e, que ses services provoquent in√©vitablement. Le d√©bat a toujours √©t√©, depuis les d√©buts de l’informatique familiale, de r√©aliser le meilleur compromis entre le confort, la facilit√© d’utilisation de l’usager et le maintien d’une certaine zone de confidentialit√©. L’exercice, depuis les d√©buts des cookies, ces fameux fichiers texte permettant d’assurer une forme d’historique de navigation, ou simplement depuis la r√©ussite du mod√®le Windows, s’av√®re de plus en plus contraire √† la philosophie de transparence totale du web.

A cela s’ajoute r√©guli√®rement une petite r√©flexion sur la d√©mocratie, la libert√©, le net √©tant devenu une sorte de jungle d’id√©alisme, qui confond la capacit√© √† faire avec le droit de faire. De fait, le rapport avec la loi n’est plus dans la pr√©vention, mais bien dans la provocation. Tant qu’une proc√©dure l√©gale n’a pas √©t√© lanc√©e, les abus s’autorisent quelques multiplications des cas, en faisant de l’impunit√© une paradoxale jurisprudence.

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