Le pingouin et le manchot

Hier, les m√©dias ont commenc√© √† faire leurs choux gras des paroles d’une chanson de l’√©pouse du Pr√©sident, sortant, de la R√©publique, Carla Bruni Sarkozy. En ce moment, au vu d’une conjoncture quelque peu difficile, c’est l’√©preuve du feu pour Fran√ßois Hollande qui se retrouve confront√© √† l’ire grandissante de l’opinion tant publique que m√©diatique. De nombreux commentateurs et autres observateurs ne se privent donc pas d’une petite critique agac√©e, maintenant que l’euphorie du d√©but de mandat a transit√© vers la zone ¬ę¬†gueule de bois¬†¬Ľ, avec un constat de la situation, d√©sastreuse, d√©voilant l’ivresse d√©magogique de son discours √©lectoral.

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The Secret World √©pisode 6 : un parfum d’Indiana Jones

Illustration humoristique d'arcticdreamer.fr pour le jeu the Secret World
Le déblocage des archétypes est une excellente idée, respectant la philosophie zen du fraggeur-poseur.

Dans le monde tr√®s opportuniste des Mmorpg, Secret World fait figure √† la fois de challenger et d’iconoclaste. Alors que la majorit√© des titres empruntent leur th√©matique √† l’univers de la fantasy ou de la science-fiction, le jeu de Funcom trouve son originalit√© en proposant une exp√©rience de jeu dans un univers contemporain, dans des lieux existant r√©ellement, comme par exemple la ville de Kingsmouth (enfin sans les zombies), petite bourgade am√©ricaine situ√©e dans le Maine. La storyline oppose trois factions, ou plus pr√©cis√©ment trois soci√©t√©s secr√®tes : les Illuminati, les Templiers, et les Dragons.

En d√©couvrant le jeu lors de sa sortie en juillet 2012, j’avais personnellement √©t√© particuli√®rement attir√© par le concept novateur de proposer une exp√©rience virtuelle dans un contexte ¬ę¬†r√©aliste¬†¬Ľ (nous parlons bien du d√©corum et de la g√©ographie des lieux). Par le pass√©, il y avait eu des projets similaires jamais r√©ellement achev√©s (comme un jeu bas√© sur l’univers de Matrix qui semblait bien parti), ou des effets de mode tr√®s √©ph√©m√®res (The Second Life), mais √† chaque fois, la difficult√© d’associer un v√©ritable contenu ludique avait finalement fait d√©faut et r√©v√©l√© un produit vide, l’int√©r√™t se limitant aux premiers √©brouements et √©merveillements d’une toute nouvelle r√©alit√© virtuelle. Alors, The Secret World, novateur en quoi ? Essentiellement, pour sa ligne sc√©naristique √† la fois ambitieuse et risqu√©e, mais √©galement en grande partie pour ses m√©canismes de jeu, √† la fois bien pens√©s et suffisamment originaux pour s’av√©rer jouissifs √† manipuler. Au niveau du sc√©nario, l’histoire se basent sur trois factions qui renvoient aux diff√©rentes th√©ories du complot et son panel de soci√©t√©s secr√®tes. Des groupuscules mythiques dont nous entendons r√©guli√®rement parler au d√©tour d’un fait m√©diatique ou d’une th√©orie tarabiscot√©e expliquant certains faits insolites. Je me rappelle r√©cemment d’un reportage sur la TNT, avec en mire la Statue de la Libert√©, d√©crite comme un symbole cyniquement invers√© qu’aurait plac√© les fameux Illuminati dans la baie de New York;. Bien entendu, les journalistes dudit programme s’ing√©nieront √† d√©montrer toute l’√©normit√© de cette th√©orie, en adoptant finalement le dogmatisme de ceux qui se contentent du fameux bon sens (cette fameuse alternative bourgeoise √† la foi, pour reprendre le sens et le vocabulaire chers √† Roland Barthes), pour an√©antir toute hypoth√®se parano√Įaque. Dommage, c’√©tait marrant.

¬ę¬†– Mais ma bonne dame, si des organisations secr√®tes dominaient le monde, √ßa ferait longtemps qu’on s’en serait rendu compte.

– Sauf s’ils font bien leur boulot, Monsieur.¬†¬Ľ

Quoi qu’il en soit, la th√©orie du complot reste une th√©orie, car il faut bien avouer que des deux cot√©s, les preuves ne r√©sistent jamais √† l’√©preuve de la v√©rification Et pour cause, l’interpr√©tation est la cl√© de tous ces raisonnements, et il n’y a jamais rien de vraiment tangible pour v√©ritablement attester de la r√©alit√© d’une politique secr√®te dominant le monde. Si c’√©tait le cas, d’ailleurs, merci de corriger le tir, pour l’instant c’est pas grandiose comme r√©sultat.

Avec une petite recherche googl√©enne, vous trouverez pas mal de sources traitant la th√©matique des groupes cach√©s et mondialement actifs, sectes, loges, chambres, et autres petits mots de vocabulaire √©voquant les chuchotements et les c√©r√©monies secr√®tes. Personnellement j’ai bien aim√© le site ¬ę¬†actualitedelhistoire.over-blog.com¬†¬Ľ, qui traitent de certains sujets sensibles avec un propos libertaire et une volont√© d’argumentation que je trouve louables (l’analyse du ph√©nom√®ne soci√©tal et du d√©tournement de fonds publics que fut l’affaire de la grippe H1N1 me semble, par exemple, tr√®s judicieuse). La page consacr√©e aux Illuminati est tr√®s bien pourvue et vous permettra de vous familiariser si vous le souhaitez, √† cette ambiance d’alc√īve qui entoure ces th√©ories du complot et tous leurs groupuscules de manipulateurs de masse.

The Secret World consid√®re donc ces faits comme bien r√©els, et oppose trois factions, qu’on pourrait d√©crire comme √©tant guid√©es par des motivations compl√®tement diff√©rentes, la domination du monde devenant la condition impos√©e √† l’accomplissement de leurs desseins. En osant la synth√®se, nous dirons donc que :

La faction des Illuminatiles Illuminati : repr√©sentent les soci√©t√©s secr√®tes oppos√©es au pouvoir √©tatique, √† la d√©mocratie, pr√īnant un gouvernement par une √©lite disposant de tous les moyens intellectuels et financiers pour imposer son (ses) point(s) de vue. Leurs desseins ne sont nullement mal√©fiques, simplement ils se situent dans une logique assez pessimiste concernant la possibilit√© de la soci√©t√© de s’appuyer solidement sur la d√©mocratie et les principes √©galitaires pour parvenir √† une certaine forme de stabilit√© √©conomique et politique. Ils sont g√©n√©ralement oppos√©s √† toute religion, qui ne peut √™tre qu’obscurantisme. Et ils aimes les triangles dans les logos.

Les Templiers dans the Secret World Les Templiers : la faction anim√©e par des principes m√©taphysiques et spirituels, riche d’un h√©ritage judeo-chr√©tien pr√īnant des valeurs de partage et de mis√©ricorde. S’appuyant sur un h√©ritage culturel mill√©naire, sur une imagerie et une iconographie inspirante, les Templiers sont les protecteurs du temple qu’est le monde. Ils sont profond√©ment oppos√©s aux autres camps tout en ayant adopt√© un point de vue conciliant pour √©viter les affres d’une rivalit√© affich√©e. Et ils d√©tiennent la v√©rit√©, ce qui n’est pas rien dans ce monde de mensonges (√† moins que…). Eux ils aiment les croix, limite du f√©tichisme.

La faction des Dragons dans The Secret WorldLes Dragons : le Yin et le Yang, soit une mentalit√© orientale beaucoup moins manich√©enne qu’en occident. Poursuivant des buts secrets, ils pr√īnent notamment la th√©orie du chaos d’o√Ļ peut surgir le renouveau. Du moins si j’ai bien compris la sc√®ne introductive, car je n’en ai pas crois√© pour l’instant beaucoup dans le jeu. En gros, s’ils vous charcutent au d√©tour d’un champ de bataille multijoueurs, n’y voyez rien de personnel. Et je ne sais pas trop ce qu’ils aiment, utiliser le symbole du Tao fait un peu clich√© maintenant, le directeur artistique de Funcom n’aurait pas os√©.

D√®s le d√©but, le jeu vous propose d’int√©grer l’un de ces trois groupes, et vous √©voluez imm√©diatement dans une ville contemporaine o√Ļ vous d√©couvrez les dessous de l’histoire et on vous confie votre premi√®re zone d’affectation. Franchement, m√™me si on peut reprocher, √† l’instar de World of Warcraft et de la majorit√© des Mmorpg actuels, un itin√©raire un poil trop script√©, la qualit√© de l’intrigue, de l’ambiance, et surtout des processus ludiques forcent le respect. Le jeu, √† base de classiques qu√™tes, instances, zones pvp, etc., s’appuient sur un univers au croisement de Fringe et de X Files pour l’ambiance. Il n’est pas d’ailleurs √† mettre entre toutes les mains, tant le monde propos√© se r√©v√®le sombre et d√©sesp√©r√© (heureusement que votre avatar est l√† pour mettre un peu d’ordre dans tout √ßa). Le gameplay est un peu particulier, et on est quand m√™me bien loin d’un jeu au petits oignons comme la grosse machine de Blizzard (bien qu’avec le temps, la jouabilit√© ait subi une optimisation la limitant… √† quelques touches). Mais certaines phases du jeu, certaines √©nigmes, procurent des sensations ludiques et des tremblottes √©motionnelles bien trop rares ces derniers temps. Certaines qu√™tes se permettent des petites mises en sc√®ne bien glauques, inspir√©es des classiques de films d’√©pouvante (la maison noire reste en cela une mission bien sympathique et bien stressante). Dans le registre de l’immersion, un navigateur internet est int√©gr√© au jeu, afin d’explorer en temps r√©el (si cette expression poss√®de une quelconque valeur dans un espace virtuel), les ressources √† votre disposition pour trouver l’indice ou les informations n√©cessaires √† l’accomplissement de vos buts. En pratique je me suis retrouv√©, par exemple, √† r√©cemment rechercher l’alphabet en morse, pour d√©coder un message sonore trouv√© durant une qu√™te, ou √† farfouiller le site d’Amazon √† la recherche d’un ISBN, lui-m√™me code secret conditionnant l’acc√®s √† un ordinateur poss√©dant des ressources strat√©giques. L’addition de la richesse sc√©naristique, de l’univers et de l’ambiance parano√Įaque mis en place, de la multiplicit√© des challenges ludiques, et de syst√®mes de jeu particuli√®rement originaux pour ce type de jeu (par exemple, pas de progression de niveau, mais l’accumulation de comp√©tences d√©bloquant des arch√©types) font de ce produit ludique l’un des meilleurs Mmorpg du moment.

Sortie sur le mod√®le d’un abonnement mensuel, les chiffres de vente bien plus bas qu’initialement envisag√©s, ont conduit Funcom √† proposer le jeu en freeplay en fin 2012, soit √† la date √† laquelle j’ai pris la d√©cision d’acqu√©rir le jeu. Bien que l’entreprise subisse √©conomiquement le contrecoup du relatif √©chec du jeu (avec un regroupement des effectifs et des licenciements √† la cl√©), le nouveau mod√®le √©conomique a boost√© de pr√®s de 400% le nombre de joueurs entre fin 2012 et maintenant, assurant au jeu un tardif succ√®s et une certaine p√©rennit√©. Renfor√ßant cette nouvelle vitalit√© et transformant totalement l’essai en r√©ussite, Funcom vient d’annoncer la sortie de l’√©pisode 6 dont le d√©ploiement est pr√©vu le dimanche 15 mars. Les premiers abonn√©s, devenus depuis le changement du mod√®le √©conomiques des membres premiums, ont donc acc√®s durant trois jours √† partir d’aujourd’hui, √† ce nouveau contenu, sous certaines r√©serves tarifaires si j’ai bien compris le mail de Funcom. Enfin, 10 euros pour trois jours d’attente, il y a un pas dans la geek attitude que je ne franchirai jamais.

Visuet de la sixième extension de The Secret World
Joli visuel qui ressemble √† une cover de comic book d’aventure.

Le trailer, comment√© par le Directeur du jeu, Joel Bylos, est visible sur Youtube, et pr√©sente l’ambiance ensoleill√©e de cette extension, changeant des contr√©es morbides et des ruelles glauques auxquelles le jeu nous avait jusqu’√† pr√©sent habitu√© (enfin j’avoue avoir √† peine achev√© Kingsmouth… pas pr√™t de l’√©trenner l’√©pisode 6…). Vous noterez que le th√®me musical emprunte d’ailleurs l’envol√©e du th√®me du h√©ros de Spielberg, une petite note en dessous (une note secr√®te, quoi !). Que dire √©galement de la nouvelle arme disponible, hommage direct √† Indiana Jones : le fouet. Entre la parodie et le clin d’oeil, The Secret World est un jeu qui constamment utilise la culture de nos soci√©t√©s modernes et urbaines, pour en d√©voiler les plus effarantes facettes, tout en nous permettant de vivre des situations et des ambiances cultes (en faisant Kingsmouth, j’avais l’impression de relire mes vieux bouquins de Stephen King, dont le jeu contient d’ailleurs un ersatz aux initiales similaires, en la personne de Sam Krieg – esp√©rons que King n’est pas aussi tar√© d’ailleurs).

A moins de 30 euros le jeu, The Secret World poss√®de une richesse de contenu et un nombre d’heures de jeu potentielles qui rentabilise l’investissement. Si vous en avez marre de taper de l’orc ou de chevaucher du dragon, n’h√©sitez pas.

La vid√©o de l’√©pisode 6 de The Secret World sur Youtube.com :

Tous les détails de ce 6ème épisode de The Secret World sur le site de Funcom.

Le guide de The Secret World par Funcom : découvrez toute la richesse de The Secret World.

Habemus papam and the buzz

Donc hier soir, r√©sultat de l’√©lection √† bulletin secret et √† fum√©e variable, le nouveau pape 2013 est l√†, et il s’appelle Jorge Bergoglio. Malgr√© des consonances strat√©giquement latines, ce n’est pas de ce cot√© de l’h√©misph√®re que nous vient ce nouveau repr√©sentant divin, mais d’Argentine, la lointaine sud-am√©rique.

C’est amusant comme certains artistes r√©alisent des oeuvres souvent proph√©tiques. Pas forc√©ment que les auteurs soient soudainement dot√©s de capacit√©s divinatoires, mais simplement ils parviennent dans certains cas √† d√©passer le voile des choses, que contribuent √† renforcer les valeurs trompeuses de l’instant pr√©sent. Je pense notamment √† Dan Simmons, et son p√©riple d’Endymion, qui contait il y a d√©j√† quelques ann√©es les calculs d’une Eglise moribonde, cherchant √† survivre dans un univers de plus en plus √©tendu et confront√© √† une science dogmatique et d√©mystifiante. Et √† Nanni Moretti qui, il y a deux ans, avec son film ¬ę¬†Habemus Papam¬†¬Ľ, montrait un autre pape (formidable Michel Piccoli) s’interroger sur son nouveau r√īle et surtout sa volont√© de l’accepter.

Les m√©dias, tr√®s contents de voir que la sainte Eglise veuille (enfin) accorder ses instruments communicationnels sur le vibrato de la culture du buzz permanent, ont depuis pr√®s d’un mois, comment√© et relay√© abondamment les rebondissements du feuilleton √©piscopal. Symphoniques et presque haletants (ou vendus comme tels), les √©pisodes ont √©t√© marqu√©s par des longueurs savamment calcul√©es, des transitions habiles et bien structur√©es, pour parvenir √† une conclusion un poil surprenante, installant un l√©ger sentiment de nouveaut√© et de r√©volution que l’Eglise s’ing√©nie depuis quelques temps √† mettre en Ňďuvre. Car il ne faut pas s’y tromper, l’air de ne pas y toucher, c’est bien de la communication, humaine, poursuivant des desseins presque marketing, dont on peut percevoir les habituels rouages, et non quelques r√©v√©lations divines, qui r√©g√©n√®re une institution (religieuse) √† l’image vieillissante, menac√©e de plus en plus fortement d’une d√©su√©tude compl√®te.

C’est amusant de lire les actualit√©s ce matin sur le sujet. Amusant de voir certains commentateurs de l’√©v√©nement, tels des journalistes sportifs, parler de la d√©ception d’une certaine partie des croyants italiens de constater l’√©lection d’un pape ne venant pas, d’une part, de leur pays, mais d’autre part, en d√©couvrant que le recrutement s’est effectu√© en Am√©rique du sud, un autre continent, et accessoirement ancienne terre coloniale. Int√©ressant comme tous les observateurs s’accordent √† reconna√ģtre dans le choix des pr√©lats de l’officine religieuse, un geste symbolique et strat√©gique visant √† r√©compenser et √† r√©pondre √† la fois, √† une logique d’audimat et √† un potentiel de march√©. La plume de Pierre Gasquet sur le site des √©chos.fr, analyse ainsi et √† raison que le nouveau pape [¬ę¬†refl√®te aussi la mont√©e des pays √©mergents et l’importance croissante de l’ √©glise d’Am√©rique latine qui compte d√©j√† les deux premi√®res communaut√©s catholiques en termes num√©riques avec le Br√©sil et le Mexique.¬†¬Ľ]

La modernisation se poursuit d’ailleurs √† petites touches, avec l’abandon de la formule pr√©par√©e en latin (sauf sur Tweeter – mais bon, faut faire ¬ę¬†cur¬†¬Ľ), la langue morte restant durablement l’ostentation d’un certain √©litisme, le geste de se rattacher √† un capital historique et culturel qui auparavant assurait d’une certaine l√©gitimit√©. Le nouveau monde multim√©diatique, avec une g√©ographie √©conomique et politique compl√®tement chaotique, est en train de balayer tous ces rep√®res sur lesquels notre perception de la r√©alit√© s’√©tait construite. L’Eglise pr√©pare lentement mais s√Ľrement sa transition, et ses petites concessions √† la modernit√©, aux d√©pens d’une tradition qui n’est plus assez rentable, font pour l’instant une petite pantomime dont on ne sait pas encore si elle augure d’autres choses que de simples effets d’annonce (√† l’intention tr√®s phatique). Le fait que le nouveau pape choisisse un nom cassant la lign√©e de ces pr√©d√©cesseurs, est √©galement une d√©cision int√©ressante, mais ma culture en la mati√®re ne me permet pas d’en discerner toutes les nuances (apparemment les j√©suites ont eu raison d’√©vang√©liser les sud-am√©ricains, si je fais dans l’analyse laconique). L’Eglise a toujours √©t√© une structure √©minemment politique et politis√©e, et les manŇďuvres strat√©giques se dessinent sur des d√©cennies – cette gestion du temps est d’ailleurs la marque de fabrique d’une institution faisant l’ironique promotion de l’√©ternit√©.

On dit que Malraux disait que le XXI√®me si√®cle serait spirituel/mystique/religieux ou ne serait pas. Je vous invite d’ailleurs √† vous rendre sur le site du guichetdusavoir.org qui nous √©claire sur la question. Ce qui est certain, c’est que dans un monde en perte de rep√®res et de certitudes, avec en permanence le sentiment d’une apocalypse raviv√© par les alertes m√©diatiques permanentes, sans qu’aucune r√©elle solution ne soit concr√®tement pr√©sent√©e, les horizons m√©taphysiques sont amen√©s √† retrouver un peu de leur fraicheur. L’Eglise, qui l’a bien compris, a d√©cid√© √† l’√©vidence de se pr√©parer √† ce grand march√© mystique qu’un futur pour l’instant bien sombre, annonce en le provoquant. Soyez donc pr√™t √† √™tre tweet√© pour votre prochaine r√©v√©lation divine (@pontifex pour suivre le hub papal, je vous le rappelle).

dessin humoristique d'arcticdreamer.fr concernant l'élection du nouveau pape
Religion free-mode

Un blog sur WordPress particulièrement intéressant

En mettant en place ce blog, je me suis trouv√© devant les sempiternels soucis caus√©s par le formatage particulier des th√®mes fournis. Ma premi√®re r√©solution √©tait d’ailleurs de ne pas trop m’attarder sur le design du site, souhaitant avant tout √©crire, plut√īt que perdre du temps sur des d√©tails graphiques qui souvent, passent compl√®tement inaper√ßus pour le visiteur qui cherche avant tout, et il a raison, de l’information ou autre chose substantielle √† lire.

Le probl√®me, c’est que d√®s ma d√©couverte des potentialit√©s de WordPress, je fus irr√©m√©diablement tent√© de bidouiller un peu pour peaufiner la coque du navire o√Ļ nous nous trouvons. Compl√®tement emball√© par l’accessibilit√© de la solution CMS, je fus stopp√© net par la difficult√© √† trouver de l’information un peu plus technique sur le th√®me Twenty Eleven avec lequel j’ai r√©alis√© la charpente du site. Diantre, la sidebar est retir√©e lorsque j’affiche une page d’article… Beuh, la zone sup√©rieure prend beaucoup plus de place que je le souhaite, faudrait la r√©duire…

Petit √† petit, je parviens √† ce que je souhaite, et j’ai eu la chance (enfin Google est mon ami, m√™me s’il faut savoir parler son langage pour que la requ√™te ne se transforme pas en enqu√™te) en d√©nichant un blog anglophone particuli√®rement bien achaland√© en informations sur le sujet. Avec des tutoriels bien √©crits, clairs et efficace, je me suis sorti des quelques panades dans lesquelles mon exigence m’avait fait tomber.

Alors voila, dans ce grand oc√©an d’informations qu’est le web, si vous souhaitez configurer votre blog WordPress avec notamment les th√®mes Twenty Eleven – Twelve et consorts, Zeaks Blog est l’endroit o√Ļ passer un peu de votre pr√©cieux temps. Vous y trouverez √©galement plein d’informations pour r√©aliser un Child Theme, ou Th√®me enfant, car bien que ces infos doivent se trouver sur certaines sources francophones, la richesse de ce site, et l’accessibilit√© de l’information gr√Ęce √† une ergonomie √† la fois sobre et efficace, m’a permis de me poser un peu entre deux retours √† la case Google.

Le site Zeaks Blog, avec beaucoup d'informations très utiles sur le CMS WordPress
Zeaks Blog, un blog WordPress, tout en sobriété, mais diablement efficace.

Personnellement j’aime quand mon taux de rebond, ce principe sisyphien de la navigation internet, se calme un peu… Par contre, c’est pour les anglophones, sans non plus devoir ma√ģtriser la langue de Shakespeare √† un niveau universitaire – au pire, il y a la fonction traduction de l’ami Google, qui doit permettre d’acc√©der √† l’essentiel de l’information (les bouts de scrips √©tant souvent tout pr√™ts √† √™tre sauvagement copi√©s-coll√©s).

Starcraft 2 : le retour de Kerrigan

SortieAujourd’hui, mardi 12 mars 2013, c’est la glorieuse sortie de l’extension de Starcraft 2 d√©di√©e au camp des Zergs, apr√®s celle des Terrans sortie en 2010. A l’√©poque, le fait que le premier opus ne contienne qu’un camp sur les trois initialement et logiquement attendus par les fans du premier Starcraft, avait provoqu√© pas mal de remous parmi les gamers qui d√©non√ßaient une forme de d√©rive marketing (comprendre ¬ę¬†opportunisme commercial¬†¬Ľ). Finalement, les faits l’emport√®rent sur l’inqui√©tude et l’indignation : Blizzard avait accouch√© d’un jeu tr√®s bien fini (comme √† l‚Äôaccoutum√©e, si on conc√®de les scories habituelles et semble-t-il in√©vitables, de tout labeur num√©rique un tant soit peu ambitieux), et surtout d’une storyline rendant justice √† la franchise.

En 1998, ann√©e de sortie de Starcraft premier du nom ou de la s√©rie, au choix, le jeu √©tait d√©j√† une savante concoction de gameplay et de narration. Avec un d√©roulement tr√®s script√©, marque de fabrique de l’√©diteur, l’histoire nous narrait les bouleversements intergalactiques provoqu√©s par l’intrusion de deux nouveaux acteurs extra-terrestres dans notre bonne vieille tradition imp√©rialiste, cette fois-ci d√©chain√©e dans les confins infinis de l’univers. M√©lange opportuniste de Starwars (avec les rebelles oppos√©s √† l’Empire, les pouvoirs de la Force-like), de Dune (avec les ressources strat√©giques, la pr√©cognition), et surtout empruntant, comme pour Warcraft d’ailleurs, les lignes sc√©naristique de la saga Warhammer (plus pr√©cis√©ment la version ¬ę¬†40000¬†¬Ľ en ce qui nous concerne ici). C’est d’ailleurs amusant comme la r√©f√©rence √† l‚Äôa√Įeul du jeu, conqu√©rant des plateaux de Jeux de R√īles √† base de statuettes, ne s’immisce jamais dans les critiques des Ňďuvres blizzardiennes ; mais bon, reconnaissons √† Blizzard de n’avoir jamais communiqu√© en surfant sur les notions tr√®s relatives d’innovations…

Starcraft a √©t√©, d√®s sa sortie, un √©v√©nement ludique qui a boulevers√© le genre et balay√© durant de nombreuses ann√©es la concurrence. L’impact a √©t√© tel, que la vie du jeu, √† l’instar de World of Warcraft, a √©t√© prodigieusement augment√©e, de nombreux joueurs s’adonnant √† des parties en r√©seaux √† travers le monde lors de la sortie du second opus 12 ans apr√®s. Alors pourquoi un tel succ√®s ? Quelle est la recette de Blizzard pour parvenir √† une telle r√©ussite, √† tant p√©renniser ces jeux ? La m√©thodologie de l’√©diteur peut se pr√©senter en quelques points.

1 РUne trame scénaristique de qualité

¬ę¬†Le sc√©nario n’a pas d’importance¬†¬Ľ est certainement la phrase cl√© qui condamne toute oeuvre √† un oubli plus ou moins proche, tout en compromettant la r√©ussite du projet, quel qu’il soit. Vous me r√©pondrez, pour un avatar de T√©tris ou n’importe quel puzzle game, une intrigue n’a aucun impact… mais √† mon sens, c’est justement rejeter le capital symbolique que le jeu en lui m√™me, au-del√† du m√©canisme ludique qu’il induit par sa nature, poss√®de ind√©niablement. Un exemple qui me vient √† l’esprit, par exemple l’excellent Tetris Plus de Ta√Įto sortie sur Playstation 1 en 1997 ; le jeu est un √©ni√®me T√©tris, mais l’univers comique de l’explorateur permet d’offrir une ambiance et une th√©matique raffraichissante, enrichissant le gameplay √† tous les points de vue. Beaucoup d’observateurs, pertinents et conscients, annoncent depuis des ann√©es que le jeu vid√©o est devenu source de cr√©ation artistique, ce concept entrant in√©vitablement en conflit avec la d√©finition de l’art comme nous l’entendons dans notre vieille logique occidentale, qui suppose la pr√©gnance d’une personne (et d’une personnalit√©) √† la r√©alit√© d’un objet artistique. N√©anmoins, m√™me si le jeu vid√©o se r√©v√®le par excellence une oeuvre collective, l’objet qu’il devient une fois le produit √©dit√©, devient in√©vitablement une oeuvre d’art √† part enti√®re. Ce principe est par exemple parfaitement reconnu depuis longtemps pour le septi√®me art, qui poss√®de exactement les m√™mes processus de cr√©ation qu’un jeu vid√©o. Une des diff√©rences majeures (outre le format ou l’ambition initiale) √©tant l’importance du processus ludique, d’une volont√© d’interaction, certes parfois pr√©sente au cin√©ma (un vrai sujet de r√©flexion et d’anecdote) mais devenant pour le coup presque antagoniste √† la condition d’existence de l’oeuvre : un film existe en tant que tel pour ses spectateurs, tandis qu’un jeu se destine √† des joueurs, le processus ludique condamnant l’oeuvre √† une vulgarisation, √† une d√©ch√©ance symbolique… Pourtant, les deux objets, le film et le jeu vid√©o, partagent de nombreux points communs. R√©alisation d’un synopsis, rationalisation des processus de cr√©ation incluant les moyens techniques et artistiques n√©cessaires, volont√© de s’adresser √† des sens particuliers (vision, ouie) avec une mat√©rialisation symbolique visant des principes √©l√©mentaires d’esth√©tique, etc. Alors pourquoi le nier, en se r√©fugiant derri√®re cette id√©e plus que d√©su√®te, emprunte d’un monde de convention qui confond le jeu et le jouet, le jeu vid√©o est devenu une oeuvre d’art √† part et enti√®re, un v√©ritable univers artistique o√Ļ le plaisir des sens et des √©motions joue un r√īle moteur.

Blizzard l’a bien compris, et Warcraft, projection num√©rique de Warhammer limit√©e √† deux factions, fut √† sa mani√®re la premi√®re application de cette philosophie que je qualifierai presque de cin√©matographique, par la volont√© forte de mettre en sc√®ne le jeu, gr√Ęce √† une intrigue sc√©naristique de qualit√© associ√©e √† une r√©alisation spectaculaire. Ayant jou√© √† Warcraft 2 en 1996 (Tides of Darkness), la musique du jeu r√©sonne encore dans mes oreilles tant le th√®me en √©tait √† la fois simple et efficace, tout comme les agr√©ments sonores personnalisant encore davantage l’exp√©rience du jeu (les connaisseurs, face √† la surcharge de travail qui vient in√©vitablement dans notre vie de labeur, l√Ęcheront un caricatural ¬ę¬†Encore du travail !¬†¬Ľ). Ces qualit√©s de mise en sc√®ne, cette touche spectaculaire, Blizzard en fera profiter les joueurs dans ces diff√©rentes franchises qui seront toutes d’√©norme succ√®s :¬† Warcraft, mais aussi Diablo, Starcraft. Ce savoir-faire appliqu√© au concept du Mmorpg donnera naissance √† World of Warcraft, empereur maudit du genre car spoliant les h√©ritiers de toute pr√©tention au tr√īne depuis presque une d√©cennie, le m√®tre √©talon maintes fois copi√©, mais jamais √©gal√©, et pour cause ; l’intrigue du jeu profite de la continuit√© directe avec la saga matrice, Warcraft, dont la troisi√®me extension sera le cliffhanger monstrueux du troisi√®me volet (pour faire simple, l’extension Wrath of the Lich King fait le pont avec Warcraft 3): qu’est-il r√©ellement arriv√© √† Arthas, et que va-t-il devenir ? Je n’ai pas de donn√©es sous la main pour √©tayer mes dires, mais je pense qu’une majorit√© de joueurs, surtout les nouveaux, ignorent la profondeur sc√©naristique du Mmorpg de Blizzard, car en soi, une des forces du jeu est de permettre l’immersion imm√©diate dans cet univers virtuel, sans qu’aucune culture du produit ou du genre soit n√©cessaire. N√©anmoins, une frange de joueurs, √† un niveau plus ou moins variable d’exigence, connait la profondeur de narration, soit parce qu’il est un v√©t√©ran du jeu, soit parce qu’il a pris plaisir √† suivre le feuilleton propos√© par l’√©diteur. Pour Starcraft 2, le principe est parfaitement identique, et pour avoir jou√© assidument √† la campagne Terrans, je peux encore attester de la qualit√© du sc√©nario. Au vu des premi√®res critiques de Heart of the Swarm, la r√©ussite semble encore incontestable.

2 РUne réalisation irréprochable

Tous les grandes franchises de Blizzard ont toujours √©t√© salu√©es par leur excellence technique et artistique. Seul Wow, √† sa sortie, suscita quelques moues dubitatives de la part de ceux qui avaient normalis√© les jeux en trois dimensions dans une logique obligatoirement pseudo r√©aliste, √† une √©poque transitoire o√Ļ les augures scientistes d√©claraient la fin du pixel et l’av√®nement du vecteur roi. Comme nous le verrons en 3√®me points, en plus de respecter une charte graphique et un univers pr√©alablement d√©fini d√®s Warcraft premier du nom, les choix techniques permirent √† Wow de s’installer au sein d’un parc de machines compl√®tement h√©t√©rog√®ne. D’autres Mmorpg se sont depuis cass√©s les dents en proposant un jeu certes l√©ch√© et r√©ussi, mais souvent inadapt√© aux capacit√©s moyennes d’une machine lambda. Malgr√© tout, en conc√©dant le style cartoon du Mmorpg, la r√©ussite artistique de la premi√®re version du Mmorpg de Blizzard est une totale √©vidence. Jamais un jeu n’avait √©t√© aussi f√©√©rique (belle alchimie des th√®mes musicaux et des environnements graphiques), jamais l’univers n’avait sembl√© si foisonnant et immense. Cette r√©ussite est d’ailleurs renforc√©e par la p√©rennit√© du jeu et la faible refonte que le jeu a connu au fil du temps, r√©pondant d’ailleurs davantage √† des logiques de r√©solution qu’√† de v√©ritables bouleversements artistiques (si ce n’est les droods – parfois la vieille forme feral me manque tout de m√™me).

Pour Starcraft, le premier comme le second, la r√©alisation est simplement parfaite. Avec des partis pris refusant toute concession √† la mode ou au challenge inutile, Blizzard concentre ses efforts sur des d√©tails, sur des environnements, sur des musiques ou un doublage de qualit√© r√©alis√© dans la langue du pays concern√©. Jouer √† Starcraft, c’est comme assister √† une bataille terrestre de Starwars, avec moult animations embellissant le spectacle par l’accumulation de petit d√©tails sympathiques. Le sc√©nario, pour le premier Starcraft, se d√©couvrait via des petits m√©daillons montrant les diff√©rents acteurs de l’intrigue √©changer leurs points de vue sur la question en cours. Pour le second opus, des interm√®des en 3d et des sc√®nes interactives augmentent encore davantage l’immersion du joueur. Une logique multim√©dia qui se marie parfaitement avec la partie ludique, tout en ayant l’√©l√©gance de ne pas s’imposer, une simple pression de la touche escape raccourcissant tout passage d√©j√† vu ou un peu trop long. Participant au plaisir du jeu, les chemins sc√©naristiques proposent de nombreux embranchements permettant de modifier l’histoire, comme par exemple pour le choix d’unit√©s bonus, comme les ¬ę¬†fant√īmes¬†¬Ľ, dont deux √©missaires, deux arch√©types proposent simultan√©ment les services. Ce sens du spectacle, qui d√©montrent la consid√©ration que Blizzard conf√®re au genre, rejoint celui des blockbusters hollywoodiens, et √† l’exemple de Diablo 3, peut entrainer un d√©veloppement beaucoup plus long que pr√©vu ; mais si le jeu sus-dit a pu d√©cevoir par sa faible dur√©e de vie (d√©ception somme toute relative au vu du genre… ), la r√©alisation somptueuse ne peut que susciter l’admiration.

3 – Un marketing savant

Cela fait d√©j√† un bon bout de temps que le genre du jeu vid√©o est sortie de l’orni√®re du geek ou de l’ado immature, champ culturel honteux dans lequel certains allergiques de la cause num√©rique l’avaient opportun√©ment rang√©. Malgr√© tout, le public s’√©largissant avec le temps, et les alternatives technologiques et m√©diatiques √©voluant de mani√®re incontr√īlables, f√©d√©rer les joueurs/consommateurs derri√®re une banni√®re demande √©norm√©ment de temps et d’investissements. Le succ√®s des franchises de Blizzard aurait pu les incliner √† multiplier les projets ou les concepts, et except√© leur nouvel Mmorpg secret baptis√© de mani√®re sibylline ¬ę¬†Titan¬†¬Ľ, ils ont opt√© de se consacrer √† la capitalisation de leurs pr√©c√©dentes r√©ussites. Sur la page Wiki consacr√©e √† Blizzard, la strat√©gie est d’ailleurs √©vidente en compulsant le tableau compilant les titres √©dit√©s ; si la vari√©t√© est de mise pour l’entit√© Silicon & Synapse qui est en quelque sorte la chrysalide de l’√©diteur vedette, en tant que Blizzard, √† part quelques intrus en d√©but de carri√®re, on se retrouve sur les quatre franchises actuelles : Warcraft, Starcraft, Diablo, World of Warcraft.

D’√©normes investissements sont r√©alis√©s √† l’√©vidence dans la gestion de leurs campagnes de communication, que ce soit durant des p√©riodes tr√®s actives de sortie de jeu, ou dans des p√©riodes d’attentes, qui par exemple pour Diablo 3, a fait l’objet r√©gulier d’annonces et de trailers, suscitant une attente et des espoirs que la r√©alit√© du jeu ne pouvait que d√©cevoir. Pour la sortie de ce second volet de Starcraft 2, Blizzard a ainsi r√©alis√© un minisite √† la hauteur du contenu du jeu. Des personnages √† l’intrigue, du contenu multim√©dia √† la boutique, tout est pr√©vu pour proposer au joueur/visiteur un d√©but d’immersion dans l’aventure ludique propos√©e. Alors oui, Blizzard est devenu une √©norme machine, mais malgr√© tout, le savoir-faire de l’excellence technique semble avoir d√©peint sur l’environnement hors jeu. Avec un Brand Management judicieux, particuli√®rement scrupuleux du respect des joueurs et de leurs attentes, Blizzard a r√©ussi √† valoriser √† la fois son image et ses productions.

Plus fort encore, leur choix de diviser les camps en autant de campagnes pour Starcraft 2, initialement tr√®s critiqu√©, a fini de convaincre les joueurs, fid√©lisant ainsi une partie importante du public et garantissant des rentr√©es subsidiaires sur plusieurs ann√©es. Les choix plus strat√©giques et prudents sur certaines strat√©gies commerciales comme la vente de produits additionnels pour leur franchise ont d√©montr√© √©galement le souci de corr√©ler aux attentes des joueurs sans se voir entach√© par des accusations d’opportunisme commercial visant √† pr√©f√©rer une cat√©gorie de ses joueurs davantage ais√©s financi√®rement.

4 РUne vraie culture et réflexion ludique

Blizzard a surtout comme pr√©occupation ce que nous identifierons comme le plaisir d’utilisateur ; en r√©sum√©, les d√©veloppeurs et d√©cideurs veulent √† l’√©vidence fournir l’exp√©rience ludique et interactive en corr√©lation avec les attentes de leur public. Cette volont√© est √©vidente pour un jeu comme World of Warcraft qui a vu ses m√©canismes de jeu constamment boulevers√©s, pour passer du jeu pur et technique, √† l’exp√©rience communautaire, toujours ludique, mais simplifi√©e √† l’extr√™me. En contrepoint, un jeu comme Diablo 3 par exemple, va proposer une bonne palette de strat√©gies, tout en mettant le curseur de la difficult√© selon le bon vouloir du joueur. Pour revenir √† Starcraft 2, les Hauts Faits permettent par exemple de corser une exp√©rience de jeu solo, et le jeu multi/r√©seau demeure √† l’heure actuelle une r√©f√©rence du jeu de strat√©gie.

De par sa position de leader dans le domaine du jeu vid√©o, fort de cette culture vid√©oludique, dans certaines franchises sont int√©gr√©s des r√©f√©rences et des hommages √† d’autres jeux, comme par exemple dans Wow avec l’int√©gration r√©cente d’un syst√®me de combat de mascottes, v√©ritable ersatz du jeu Pokemon ou encore un avatar du jeu Plant vs Zombies que l’on peut trouver √† Austrivage ; dans Starcraft 2 aussi, avec ¬ę¬†The Lost Viking¬†¬Ľ (nom d’un jeu moins connu de Blizzard), Galaxian like trouvable dans le bar de l’Hyp√©rion. Plus finement encore, le syst√®me de cooldown des techniques renvoient √† celui des jeux de combats √† la StreetFighter 2 ou King of Fighters ; pour faire une comparaison, c’est √† mon sens ce qu’il manquait √† un jeu comme Warmhammer Online au moment de sa sortie, la transition entre les techniques manquant de c√©sure. En conclusion, il y a un r√©el travail d’analyse et de synth√®se, et sans conteste une v√©ritable cr√©ativit√© qui conserve malgr√© tout une forme de recyclage d’une culture ludique trans-genre.

Pour finir…

Le site de Starcraft 2 dédié en partie à la sortie de Heart of the Swarm.

L’intro du jeu Starcraft 2 : Heart of the Swarm, spectaculaire.

Sur Youtube.fr, la vid√©o ¬ę¬†fran√ßaise¬†¬Ľ de l’√©v√©nement.

Pour essayer Starcraft 2.

Vengeance Knows no frontiers ! (*musique style Gladiator)

Bonus :

La page wikipedia du jeu Starcraft, pleine d’anecdotes int√©ressantes sur le jeu et le contexte de sortie.

Tout seigneur, tout honneur, la page wikipedia sur Warhammer 40000.

Au revoir Stéphane Hessel

Des hommages en pagaille ce jour pour un homme de grand courage, qui √† la fin de sa vie, avec un petit livre, s’est permis de d√©livrer un grand message, qui sonne comme un avertissement devant une certaine forme d’apathie.

Passé le cortège des faux prophètes et des messies antéchrist, qui prendra la relève ?

Hommage humoristique à Stéphane Hessel
Indignez-vous pour de bonnes raisons (et pas les plus coupables)

Mise à jour 5.2 de World of Warcraft : Le Roi Tonnerre

Aujourd’hui, nouvelles mise √† jour (la 5.2) du Mmorpg de Blizzard, le c√©l√®bre World of Warcraft¬† ; comme √† l’habitude, le nouveau contenu, entre modifications, ajustements, et ajouts d’√©l√©ments divers et vari√©s, est plus que cons√©quent. Beaucoup de sp√©cialistes des jeux en ligne ou du jeu vid√©o tout court reconnaissent la pr√©√©minence du jeu de Blizzard, en soulignant la forme de classicisme que son gameplay et sa structuration tr√®s script√©e repr√©sentent √† l’heure actuelle.

logo de la mise à jour 5.2 de Wow - copyright Blizzard
Le beau logo de la mise à jour 5.2 de Wow Рcopyright Blizzard

C’est oublier que Wow a √©t√© en son temps, lors de sa sortie en 2004 en France, le pr√©curseur en la mati√®re de jeu massivement multijoueurs ¬ę¬†populaires¬†¬Ľ, du moins dans une logique visant √† offrir autre chose qu’un simple univers virtuel. Il y avait des Mmorpg avant Wow (des jeux comme Dark Age of Camelot ou Ultima online, et personnellement je m’adonnais √† l’√©poque √† Ragnarok Online, via un copain qui nous avait d√©got√© des cl√©s de la B√©ta cor√©enne en 2001, puis sur la version am√©ricaine sortie officiellement l’ann√©e d’apr√®s) mais aucun qui parvienne √† susciter l’adh√©sion d’un public hors celui bien particulier qui √©tait d√©j√† sp√©cialis√© dans les choses du net. Lorsque j’appris le projet de Blizzard, dont je jouais depuis longtemps aux franchises d√©j√† √©tablies (Warcraft, Starcraft, Diablo), de se lancer dans l’aventure des Mmorpg (sachant qu’√† l’√©poque, de nombreux pontes de l’industrie vid√©oludique d√©claraient officiellement leur scepticisme concernant le genre), j’√©tais d√©j√† convaincu du monument √† venir. Car Blizzard avait d√©j√† √† l’√©poque cette solide r√©putation de sortir des jeux √† la recette infaillible, ce savoir-faire proposant un mix entre l’aventure ludique et le gameplay addictif. En d√©gottant une cl√© de la b√©ta en 2004, j’avais r√©ussi √† convaincre mon √©pouse de l’essayer, bien qu’√† la vue des screenshots du package, elle n’ait pas vraiment √©t√© conquise par l’univers fantasy du titre et par le design un peu moins kawai que ce qu’elle pratiquait d’ordinaire (soit le Mmorpg cor√©en sus-cit√© dans cet article).

La jaquette de la clé pour la béta de World of Warcraft obtenu fin 2004, et trouvée en magasin... que du bonheur, et le cd des morceaux reste un bien précieux
La jaquette de la cl√© pour la b√©ta de World of Warcraft obtenue fin 2004, et trouv√©e en magasin… que du bonheur, et le cd des morceaux reste un bien pr√©cieux

Notre participation √† cette b√©ta reste un de nos meilleurs souvenirs ludiques en tant que couple, et je me rappellerai toujours la petite blague lors de la sortie officielle du jeu. Feignant de revenir les mains vides, j’annon√ßais √† mon √©pouse que les magasins n’avaient pas √©t√© approvisionn√©s, qui en r√©ponse me pointa s√®chement la direction de la porte en m’avertissant qu’elle n’acceptait aucune excuse valable. Depuis ce jour, nous avons toujours √©t√© abonn√©s au jeu, bien qu’il y ait eu des hauts et des bas dans notre addiction au jeu de Blizzard qui, avec le temps, √† mut√© en quelque chose de plus ouvertement communautaire, moins tourn√© vers une id√©e d’un gameplay exigeant et d’un challenge ludique. Une des raisons de notre fid√©lit√© provient essentiellement du savoir-faire de Blizzard, qui a tr√®s r√©guli√®rement fourni du contenu, entre chaque extension, contredisant mes pronostics initiaux assez pessimistes, suite √† mes exp√©riences pass√©es dans d’autres Mmorpg.

Cette cr√©ativit√© constante qu’un non moins habile marketing a toujours promu, est encore aujourd’hui au rendez-vous, avec des modifications en pagaille que je vous invite √† retrouver sur la page d√©di√©e Battle.net √† la pr√©sentation de ce nouvel √©pisode. Apr√®s avoir √©pluch√© le d√©tail de cette mise √† jour, encore du bouleversement dans les m√©canismes des classes (√† ma connaissance, Wow est le seul jeu √† avoir en permanence modifi√© aussi radicalement les principes et r√®gles de jeu), et des classes dont les d√©g√Ęts ont pour la majorit√© √©t√© r√©hauss√©s, certainement pour convenir au d√©sir de puissance que ce type de produit ne peut cesser de faire na√ģtre chez des joueurs avides de sensations fortes et surtout de repr√©sentation. Ma femme, d√©j√† en PVP avec sa d√©moniste 40, me susurrant √† l’oreille qu’elle vient de mourir suite √† deux heurts de bouclier encha√ģn√©s soit 4000 points de dommage √† la louche : il faudra d√©finitivement se faire √† cette starification du tank en d√©but de jeu, un v√©ritable sujet de r√©flexion sur lequel je reviendrai ult√©rieurement.

J’esp√®re simplement que concernant le paladin la traduction fran√ßaise est victime d’une coquille, car si les ¬ę¬†d√©g√Ęts de base de Cons√©cration ont [bien] √©t√© augment√©s de 789%¬†¬Ľ, √ßa va bient√īt pullul√© de noms en rose dans les champs de bataille.

Note de fin d’article : j’ai cru comprendre que les joueurs participants au batailles JCJ de Tol Barad ou du Joug d’Hiver allaient enfin conna√ģtre une normalisation de leurs caract√©ristiques. Je me suis toujours demand√© s’il n’y avait que moi qui √©tait choqu√© de voir des niveaux 90 venir tabasser des pauvres 60-70 ou encore des 80, sur des territoires que la licence de leur extension respective (Wrath of The Lich King & Cataclysm) fournissait l’acc√®s. Le d√©tail du texte qui semble mettre les choses √† bonne mesure :

Les joueurs qui participent à des champs de bataille de bas niveau verront leur niveau effectif monté jusqu’au maximum permis dans la catégorie de leur champ de bataille. Leurs caractéristiques de base et sorts seront adaptés en fonction, et ils seront traités à ce niveau pour la résolution des chances de toucher, de rater et de coup critique.

 

Un peu d’√©galit√© dans ce monde injuste, c’est pas plus mal, non ? ūüėČ

Le romantisme noir ou le marketing signifiant

Vu ce jour un excellent article de Daphn√© Tesson sur lepoint.fr, et malgr√© plein de boulots √† faire pour notamment am√©nager ce blog comme il se doit, j’ai envie de r√©agir √† chaud. D√©j√†, je ne connaissais pas l’expression ¬ę¬†romantisme noir¬†¬Ľ ; par contre, le romantisme tout court, je m’en suis toujours compl√®tement pr√©valu. Pas selon la d√©finition commerciale r√©duisant l’expression au simple r√©pertoire amoureux √† la parall√®le g√©n√©ralement consum√©riste (Saint Valentin, priez pour nous…), mais ce qu’on peut en trouver et d√©duire chez des artistes comme Victor Hugo ou Eug√®ne Delacroix, que je continue de r√©v√©rer malgr√© ma maturit√© √©blouissante. Soit le d√©sordre de la passion qui trouble, avec gr√Ęce et √©l√©gance, l’√©gale humeur de la raison, cette d√©esse des temps modernes qui agite sa baguette sur une pens√©e occidentale vieille de deux si√®cles, qui veut que la science joue un r√īle quasi messianique dans l’avanc√©e de nos soci√©t√©s (qui adulent l’innovation, seul et dernier moteur d’une humanit√© d√©sabus√©e de tout, en qu√™te d’un renouveau qui ne vient pas). Le romantisme, c’est le r√®gne du sentiment, le triomphe de l’humain avant celui de l’homme, l’indistinct qui trompe et se moque de la pens√©e cart√©sienne pour se lib√©rer du carcan des conventions et de la normalisation. Il pr√©c√®dera les autres mouvements en inspirant des mouvements plus populaires comme l’impressionnisme, en retirant violemment le voile discret d’un conformisme cloisonnant toute vell√©it√© artistique dans un carcan de r√®gles et de convention.

Alors, quid de notre invit√© surprise, ¬ę¬†noir¬†¬Ľ, ce vieil √©pith√®te renvoyant √† la m√©taphysique voire religieuse lutte de la lumi√®re contre les t√©n√®bres ? Le ¬ę¬†Romantisme noir¬†¬Ľ, nous est-il expliqu√©, consiste √† d√©placer le romantisme dans une zone t√©n√©breuse, voire d√©moniaque, odeur de soufre et de luxure en sus dans le package marketing qui nous est fourni notamment par les explications du Mus√©e d’Orsay (que j’adore d√©finitivement). Si j’applaudis √† l’approche des organisateurs, et √† l’enthousiasme de la journaliste, je reste tout du moins dubitatif. Certainement, l’id√©e est de vulgariser, s√Ľrement de faire un peu de p√©dagogie, en r√©habilitant en passant tout une frange de notre histoire pictural avec le mouvement du Symbolisme, qui ne connut jamais en France le m√™me impact aupr√®s des foules que les toiles bigarr√©es et l√©g√®res de l’impressionnisme (¬ę¬†post-¬†¬Ľ y compris – √ßa fait longtemps que les spirales de Van Gogh n’angoissent plus). De l√† √† argumenter et analyser la chose comme une quelconque r√©action √† un trop plein de lumi√®res dans un XIX√®me si√®cle qui fut √† sa mani√®re assez ombrag√© en d√©finitive, si on consid√®re la m√©t√©o s√©culaire, il y a un pas √©norme que personnellement je me garderai de franchir.

En fait, le Romantisme noir est un beau canular, un pl√©onasme os√© comme pourrait l’√™tre l’Impressionnisme fleuri pour Monnet ou le R√©alisme cru pour Courbet. Un peintre g√©nial comme Delacroix a effectivement magnifi√© ces zones d’ombres de l’√Ęme humaine (La mort de Sardanapale restant en cela un monument de nihilisme absolu, bien plus puissant que son Faust, dans le registre de la noirceur), mais c’est certainement G√©ricault qui foudroie avec son Radeau de la m√©duse, ovni sociologique dans un paysage scriptural qui met toujours plus en sc√®ne qu’il ne repr√©sente.

Delacroix - La Mort de Sardanapale (1827)

La mort de Sardanapale du grand Eug√®ne Delacroix. Du sexe, de la mort, du tumulte, et un homme d√©tach√© de tout ce qui pourrait avoir de la valeur √† ses yeux. La passion s’oppose √† la raison : de quel cot√© est le crime ?

 

Victor Hugo fera √©galement le tour des anges d√©chus, et la Fin de Satan par exemple demeure la d√©monstration de la d√©mesure de la passion √† un niveau c√©leste. J’arr√™te l√† les r√©f√©rences faciles, il y en a trop, car alors quoi ? Le probl√®me de colorer le terme ¬ę¬†Romantisme¬†¬Ľ suppose qu’on lui oppose son oppos√©, un ¬ę¬†Romantisme blanc¬†¬Ľ, dont le propos serait mielleux, enfantin, sentimental… pur peut-√™tre ? Les d√©g√Ęts, dans notre soci√©t√© consum√©riste qui use du d√©tournement culturel pour d√©guiser son discours commercial, font que le terme s’est us√© sur des clich√©s langoureux, abusant de p√©tales de fleurs et de couchers de soleil dans les √ģles. Mais le Romantisme a toujours √©t√© noir, noir comme le sang qui s√®che ou comme les t√©n√®bres qui nous entourent parfois, au d√©tour d’une m√©lancolie ou d’un d√©sespoir. Effectivement, comme il est parfaitement expliqu√© dans cet article, le mouvement fut s√Ľrement une r√©action face √† une philosophie sociale pr√©gnante fixant la raison comme id√©al et finalit√©. Il suscita d’ailleurs de grandes r√©actions d’opposition, comme pour la premi√®re d’Hernani, mais cela, somme toute, n’est que la simple r√©sultante d’une lutte dans le champ culturel de l’√©poque, une basse histoire de domination comme l’a tant et si bien analys√© Pierre Bourdieu. Mais il ne faudra pas attendre la fin du XIX√®me si√®cle pour √ßa, tous ces √©v√©nements se d√©rouleront lors des cinquante premi√®res ann√©es. A la v√©rit√©, ce qui aurait √©t√© pertinent, concerne l’influence du Romantisme sur tous les mouvements picturaux d√©laissant la subjectivit√© et la figuration pour explorer les tr√©fonds de l’√Ęme et du psychisme, qui se pr√©cipiteront sur toutes les pistes possibles entre la fin du XIX√®me et les cinquantes premi√®res ann√©es du XX√®me.

Il est int√©ressant de se demander pourquoi les organisateurs de l’exposition vont sur le terrain du bizarre et du fantastique, pourquoi ils souhaitent surfer sur les rives d’un imaginaire morbide que les digestions modernes, apr√®s avoir donn√© naissance aux Harry Potter et autres Twilighteries, ont d√©finitivement d√©samorc√©. Il y aurait presque un peu de suffisance √† d√©couvrir que nos a√Įeux du si√®cle pass√© se permettaient aussi de broyer du noir, au d√©tour de quelques cauchemars savamment mis en sc√®ne. Aussi le go√Ľt du spectaculaire motive certainement √† mettre en exergue les passages les plus marqu√©s, mais ce choix fait √©galement prendre le risque d’une vision d√©form√©e de la r√©alit√©, d’une red√©finition des faits qui se contente d’anecdotes pour √©tablir ses v√©rit√©s. De Hugo √† Blake, il y a pr√®s d’un si√®cle, sachant que l’artiste anglais est n√© en 1757… Que des artistes finissent par s’inspirer de ses Ňďuvres t√©moignent avant tout d’une volont√© d’affranchissement, tout en ob√©issant √† une certaine vision de la peinture. C’est certes parfois tr√®s beau, mais de l√† √† dire que c’est une innovation, on frise l’escroquerie marketing.

Peut-√™tre que dans un si√®cle, une exposition s’intitulera strat√©giquement le ¬ę¬†Romantisme marketis√©¬†¬Ľ. On y verra des vieux mythes compl√®tement vid√©s de leur substance horrifique pour nourrir quelques fantasmes de puissance et d’immortalit√© dont la jeunesse actuelle ne semble pouvoir se passer (la ronde Sorci√®res > Vampires des vingt derni√®res ann√©es en reste un exemple significatif, des Ňďuvres d’Anne Rice √† celles de St√©phanie Meyer, des sorci√®res de Charmed √† Sublimes cr√©atures…). La tentation sera encore grande de jouer avec les dates en r√©alisant une synth√®se sensationnaliste. J’esp√®re simplement que les spectateurs √©ventuels iront plus loin que la vulgate en cours, et d√©couvriront les auteurs dans toute l’intensit√© de leurs impulsions cr√©atives, fruit d’une √©poque de tumultes et de changement, en rebellion contre une normalisation √©touffant la passion humaine dans l’enclos rassurant d’un optimisme scientifique, souvent d√©shumanis√©, qui n’a jamais tenu r√©ellement toutes ses promesses de bonheur pour le genre humain.

L’excellent article sur lepoint.fr.

Et si vous avez le temps, la Fin de Satan de Victor Hugo en version e-book (pdf).

Bienvenue sur mon blog – www.arcticdreamer.fr

Bienvenue sur ce petit blog, mon petit bout de territoire sur cet immense espace public qu’est Internet. Ce site a pour vocation d’√™tre √† la fois une vitrine de mes comp√©tences professionnelles, mais √©galement un champ d’expression pour l’acteur, le citoyen, le consommateur ou simplement l’homme que je suis.

La n√©cessit√© d’un blog est la cons√©quence directe de mon m√©tier d’expert en communication. J’aurais pu me contenter d’une page Facebook ou d’un profil Linkedin (voire Viadeo), mais √† mon sens les r√©seaux sociaux n’ont de r√©elles potentialit√©s que pour du brand marketing (en cr√©ant du lien entre les marques ou les consommateurs) ou pour des structures professionnelles souhaitant √©tablir un contact direct avec leur client√®le ou leurs usagers. Plut√īt que r√©aliser un √©ni√®me curriculum vitae en ligne, souvent abscons et paradoxalement lacunaire par sa dimension synth√©tique, ce blog me propose des alternatives int√©ressantes, qui apr√®s un rapide benchmark, m’a sembl√© l’emporter sur les autres solutions (site html classique, site flash, espace privatif en ligne, etc.). Je reviendrai ult√©rieurement sur cette identification des m√©diums actuellement √† la disposition des consommateurs sur le web, car dans ce brouhaha m√©diatique permanent o√Ļ les modes se bousculent pour aussi vite dispara√ģtre ou muter, il n’est pas √©vident de faire le bon choix quand on est une entreprise, un vendeur, ou un simple internaute en vadrouille.

En r√©alisant mon petit plan de communication, je me suis demand√© comment stratifier le blog en respectant deux strat√©gies bien distinctes ; la premi√®re √©tant de r√©alise une vitrine de mes comp√©tences, voire de mes r√©alisations, la seconde de cr√©er un espace public dans lequel intervenir √† plusieurs niveaux (sur des sujets d’actualit√© par exemple, ou concernant des th√®mes plus personnels comme mes loisirs ou mes coups de cŇďur). Je vous invite donc √† naviguer via les cat√©gories pr√©sentes dans la colonne de droite, ou vous retrouverez ces deux th√©matiques, et je vous souhaite bonne lecture.