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Un moment de pause

Bon, étant malade, je suis dans l’obligation de freiner l’activité que j’avais prévue de continuer cet été, même si le besoin ou même la nécessité de vacances commençaient à péniblement peser sur mon enthousiasme naturel. 4ème ou 5ème jour avec le (ou la, comme ça vous va !) Covid, suite à la légèreté coupable de ma chère fille qui l’ayant attrapé depuis plus d’une semaine, est encore en train de dormir au moment où j’écris ces lignes, le soleil étant à son zénith. Personnellement, j’ai accusé conscience de la maladie, je suis allé me faire tester, je me suis mis en quarantaine et je me suis reposé sur ma légendaire résistance pour encaisser le bestiau. Première déception pour moi, c’est qu’au bout d’au moins 4 jours, il n’y a pas vraiment de signes d’amélioration au niveau du mal de gorge. Passe pour la fièvre permanente, passe pour la gêne au niveau des poumons, passe pour la fatigue (qui ne me touche pas plus que ça, à vrai dire), passe pour les douleurs corporelles qui me rappellent constamment que le corps est trop sollicité… mais que ce mal à la gorge est à la fois douloureux et insupportable ! Ce matin, au réveil, après une nuit fiévreuse à me réveiller trempé et un peu hébété, la déception aura été de constater que le mal de gorge est encore là, et bien pire que la veille. Après m’être renseigné un peu (je suis du genre à être extrêmement méfiant par rapport à tout ce qui touche au médical et à la santé sur le web, c’est un parfait condensé de névroses et de récits terrifiants) j’ai donc appris que cette souche durait plus longtemps que les autres, soit 7 jours versus les 4 ou 5 sur lesquels je pariais un peu facilement. De toute manière, entre la maladie, la canicule, et mon patriarche qui semble vouloir tirer sa révérence assez rapidement, cet été ne s’annonçait pas sous les meilleures auspices. Tant pis, il me reste malgré tout l’écriture et l’occasion ludique, morale et vivifiante, d’exprimer une fois encore mon ressenti dans cette période à la fois incroyable, étrange et imprévisible.

Quand j’essaie de modéliser, personnellement, les oppositions idéologiques qui à la fois forgent et déforment notre société, je ne me laisse plus abuser avec les vieux schémas comme la polarisation, manichéenne et trop réductrice, de la droite et la gauche. Simplement, si simplement, la seule opposition qui existe à l’heure actuelle est un conflit, insoluble, entre une vision verticale et horizontale de la société. En réalité, et l’histoire de l’humanité regorge d’exemples, la tentation de cette verticalité aura toujours été la stratégie finale avant la chute, inéluctable. Contrôler, opprimer, oppresser, obliger, avant de réprimer ou de forcer, pour contenir le libre arbitre et la prétention au bonheur de la majorité du peuple. Il n’est pas possible de construire une société pérenne, solide et forte, juste en l’écrasant de devoirs et en la saoulant, littéralement, de grands discours idéologiques qui camouflent de plus en plus difficilement, la réalité de l’escroquerie. Il reste la possibilité de diviser, d’ostraciser, d’encourager les bas instincts, mais là encore il semble que la pilule a de plus en plus de mal à passer.

Je l’ai écrit sur ce blog, il y a quelques mois, nous assistons à un changement de paradigme. Un changement qui était lui aussi inéluctable, déjà car comme les bouddhistes le répètent à l’envi avec l’impermanence, comme les physiciens le ressassent avec l’entropie, rien en ce bas monde ne peut perdurer sans évoluer. Et encore, dans cette idée très philosophique du changement obligatoire, j’omets la réalité des violents dysfonctionnements écologiques, économiques, éthiques que nous subissons de plein fouet en cet été 2022. Tous les jours, quand j’entends des commentateurs gloser sur la question de l’inflation en citant certaines explications complètements délirantes, je me demande jusqu’à quand la bulle va grossir avant d’exploser. Est-il possible de décorréler un pur moyen, comme l’argent, avec la réalité de ce qu’il est censé s’adjoindre, soit l’économie réelle ? La crise de 2008 fut une sorte de boîte de Pandore à retardement, et nous sommes en train de vivre, aussi, l’impossibilité de vivre dans une société humaine harmonieuse qui pour le bénéfice d’une minorité remplace le réel par une pure fiction. Le gros souci de cette fiction, c’est qu’à présent, plus elle dure plus elle détruit, et nous commençons à peine à en recevoir les traites. Qui seront bien plus dures et insupportables, que les taux d’intérêts et le montant de la « dette ».

Alors, faut-il perdre tout espoir et crier au feu en s’agitant de partout, comme je semble le faire en écrivant ces lignes ? A vrai dire, il n’y a pas grand chose à faire quand on assiste à une sorte de névrose généralisée, notre société ne tient encore, par ailleurs, que par la croyance qu’elle promeut… mais qui s’effrite de jour en jour, de mois en mois. Il faut attendre la fin des grandes vérités, la fin des ayatollahs du bon sens, la chute des dogmatiques et des pragmatiques. Nous vivons une période d’intense clarification, où pointe, de manière très grandiloquente, la fin d’une civilisation. Comme si le bilan actuel, à tous les niveaux, pouvaient nous permettre de nous prétendre « civilisés », soit dotés d’une rationalité telle qu’elle impose l’idée irréfutable et intrinsèque d’un accomplissement. Non, s’il y a civilisation, il n’y a pas eu accomplissement, mais décadence. Je ne crois pourtant pas qu’il faille tout rejeter et détruire. Au contraire, nous avons encore le temps de prendre conscience de tout ce qui est juste et bon, de partir sur les bases saines de l’humanisme qui a notamment fait le bonheur de la France après la seconde guerre mondiale. Et faire en sorte, à l’avenir, de ne plus permettre que les mêmes errances reviennent encore polluer et corrompre la belle dynamique de la bienveillance et de la sagesse. Notre civilisation n’est pas en danger à cause de menaces plus ou moins exotiques, névrotiques et fictionnelles, mais bien de l’idée d’une bienveillance accessoire. Notre société ne s’écroulent pas parce qu’elle est attaquée de toute part, mais bien parce que nous la sabordons, foncièrement encouragés par des maîtres d’oeuvre dont les motivations ne sont clairement pas humanistes.

Il n’est pas possible de faire du malheur des autres la miraculeuse variable d’ajustement. Le bonheur sociétale ne peut être qu’un accomplissement collectif. Maintenant, le combat est simple, verticalité contre horizontalité. Si je ne peux, philosophiquement, omettre la possibilité d’une tyrannie éclairée, j’y postule bien moins qu’à celle d’une gestion démocratique et participative du peuple.

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La partie d’échec

Je fais une pause dans mes prenantes activités pour faire un petit point sur le changement de paradigme que nous ressentons tous à l’heure actuelle. Il est toujours difficile de considérer les choses avec abstraction, pourtant, il faut essayer d’y parvenir, sans se laisser embarquer par une sorte d’inertie irrépressible provoquée par l’adhésion, par la croyance, par l’acceptation, par la résignation parfois. Le monde change, et derrière ces termes, il y a tout une logique qui se met en place et qui redistribue les cartes. Notre pays, la France, n’est qu’une variable dans ce schème qui s’élabore peu à peu, jour après jour, et qui annonce de grands et terribles bouleversements.

Ce matin j’écoutais Régis Le Sommier s’exprimer sur l’échec de Poutine avec l’Ukraine. Je trouve cette vision des faits un peu simpliste, caricaturale, facile, et surtout très imparfaite. Comment définir, de nos jours, ce qu’est d’un point de vue géopolitique une victoire ou une défaite ? Limiter la réflexion sur ces deux possibilités c’est vraiment envisager le monde d’un point de vue naïf, car faussement définitif, faussement normaliste. Poutine et la Russie ont-ils vraiment perdu, ou sont-ils en train de perdre la guerre ? Est-ce, en soi, une guerre ? Oui, dans l’idée d’une agression d’une nation par une autre. Mais au-delà de ça, en filigrane, il y a toute une suite d’éclaircissements qui sont en train de se faire, notamment par rapport aux dépendances, par rapport à la réalité d’un pouvoir, par rapport à l’équilibre des nations les unes par rapport aux autres.

Si aujourd’hui certains voient dans l’attitude de Poutine un signe de faiblesse, un début de déclin, la réalité nous décrit surtout le rapprochement d’un bloc dont la configuration et la complémentarité dévoile déjà une supériorité économique indéniable. La Russie, la Chine, l’Inde, sont ainsi le nouveau Géryon qui fait de l’Europe la survivance d’un ordre ancien. Géryon dans la mythologie grecque est décrit comme « un géant triple », notamment vaincu par l’invincible Heraclès. Ce combat décrit une victoire par la force contre la force. Mais Heraclès restera dans le panthéon grec le seul hémithéos à avoir foulé le sol mythologique… en résumé, il est une exception, une anomalie presque, en tout état de cause une force inarrêtable, soumettant la nature et même les dieux (cf le dernier travaux et son affrontement avec Hadès) à sa volonté.

Face à ce Géryon qu’est le bloc précité, y a-t-il vraiment un Heraclès qui peut reproduire l’exploit ? Les Etats-Unis reviennent souvent comme attiseurs du conflit, selon l’idée acceptée et digérée que les guerres en Europe auront bénéficié à l’économie américaine, ce qui et indéniable. Mais la stagnation du conflit en Ukraine, voire le recul de la Russie, ne peut être interprété sérieusement comme une victoire. Ou alors à la Pyrrhus. Quoi qu’il advienne, l’artificialité de la construction européenne a surtout éclaté au grand jour, avec l’idée, pour encore utiliser la métaphore de la mythologie grecque, d’un tonnerre et d’un éclair sans la puissance de la foudre. Nous vivons, à l’heure actuelle, la confrontation de narrations qui veulent chacune redéfinir le monde pour le traduire selon sa vision. Jamais la question de la propagande n’avait autant pesé dans les débats avec la reconnaissance plus ou moins tacite de sa valeur stratégique dans la création et l’alimentation de croyances nécessaires à la bonne marche des systèmes. Ces croyances sont vulgairement qu’il n’y a pas de puissance sans fédéralisme, que les nations en tant que telles sont devenues soit obsolètes soit antinomiques à la compétitivité, que l’Europe peut peser dans le changement de paradigme mondial, que l’atlantisme est le seul rempart à ce changement de la balance des pouvoirs qui fait écho à un changement de statut des nations.

Le souci avec les croyances, c’est que leur existence, leur pérennité, ne résident que dans la réalisation plus ou moins permanente de ses effets. Et quand tout un fonctionnement systémique ne s’appuie que sur la circulation financière, elle-même le résultat d’une croyance qui a de plus en plus de mal à se corréler avec la réalité, le réel vient peu à peu parasiter les vérités provisoires pour dessiner un nouveau paysage, un nouveau monde, qui s’annonce à la fois effrayant et inquiétant… car virevolte finale à cette illusion d’un monde figé dans une sorte d’accomplissement idéologique et économique.

Nous sommes les pions dans une grande partie d’échec où les figures maîtresses bougent d’elles-mêmes, et ce serait encore bien naïf qu’il y ait simplement deux joueurs, face à face. Nous vivons la mondialisation dans sa concrétisation la plus redoutable, soit une entropie permanente et plus que compliquée à anticiper. Dans un monde où l’éthique est devenue une valeur secondaire ou pire, une faiblesse, il n’y a pas à compter sur la magnanimité ou la philanthropie. L’ambition des acteurs de cette partie, c’est bien la domination, la suprématie, purement et simplement. Et la base solide sur laquelle elles se réaliseront est simplement la réalité des ressources énergétiques et d’un potentiel marché plus ou moins autonomisé. En résumé, ce sont les dépendances qui vont définir les futures vassalités.

En France, nous assistons à une réelle et totale fracture sociale et il ne faut pas s’y tromper, sociétale. La croyance, une fois encore, est à la fois l’enjeu et le moteur des débats. Il y a une énergie de maintien qui tente de plus en plus désespéramment de contenir l’entropie inévitable d’un système de plus en plus dysfonctionnel. C’est une erreur, c’est une folie, de croire qu’il sera possible de contenir la violence et la colère populaire en lui opposant une sorte d’aveuglement illuminé. De cet autoritarisme un brin grotesque émerge un instant de survie qui se traduit par une politisation de plus en plus évidente des plus jeunes qui par la synergie des réseaux communicationnels s’amplifie de jour en jour. C’est amusant par ailleurs de constater la discréditation systématique des réseaux sociaux dans les médias, comme s’ils n’étaient que des places publiques nauséabondes et bassement populaires. S’il faut reconnaître la constante difficulté de la discussion démocratique, il faut aussi avoir l’honnêteté de constater l’éveil des consciences et l’acquisition de connaissances. L’accusation permanente de complotisme pour cataloguer perpétuellement toute opposition ou contestation ne suffit plus.

La partie d’échec est intense, à tous les niveaux. Le monde change. Nous en sommes à la fois acteurs et spectateurs, mais la multiplicité des sources d’information, l’accès jusque là inédit à des données de tout horizon, nous permettent aussi de ne pas subir une narration particulière. Au contraire, il faut les confronter pour en discerner les limites et les invraisemblances. Ou rester sur cette vision manichéenne du bien et du mal, des gentils et des méchants. Cette candeur, quoi qu’il en soit, ne peut perdurer que si les croyances subsistent, ce qui semble facétieux en cette période pour le moins apocalyptique*. Toutes ces crises sont autant de clarifications qui s’effectuent, qui se succèdent, nous demandant soit de nous maintenir dans l’illusion d’un statu quo ou l’acceptation d’une révolution.

*pas dans le sens de la fin du monde, mais du latin ecclésiastique apocalypsis, issu du grec apokalupsis : révélation divine.

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La question du jour

J’ai plusieurs sites actifs, dont deux blogs. Celui-ci me sert essentiellement de défouloir et d’atelier d’écriture. L’autre est associé à un projet créatif qui me tient à coeur et que je prépare à des desseins que je qualifierais pragmatiquement de « marketing ». Quelle ne fut pas ma surprise ce matin quand je découvris dans mes emails une demande de modération pour un commentaire écrit en alphabet cyrillique et donc incompréhensible sans l’aide précieuse du traducteur Google (utilisez Deepl pour vos efforts extralinguistiques, c’est quand même moins propice au gag involontaire). Le message, le commentaire initial, le voici :

Знаменитый писатель Лев Толстой заявлял:  » Люди, которые признают войну не только неизбежной, но и полезной и потому желательной, — эти люди страшны, ужасны своей нравственной извращенностью. » А Вы лично согласны с таким всемирно известным писателем ?

Sa traduction :

Le célèbre écrivain Léon Tolstoï a déclaré : « Les gens qui reconnaissent la guerre non seulement comme inévitable, mais aussi utile et donc souhaitable, ces gens sont terribles, terribles dans leur perversité morale. » Êtes-vous personnellement d’accord avec un écrivain aussi mondialement connu ? »

Je me suis donc longuement (2 minutes 30) interrogé sur la suite à donner à ce type d’injonction philosophico-morale au petit matin, sur un projet que je tiens à conserver dans une certaine forme d’apolitisme, parce que j’essaie de créer une oeuvre à destination du plus grand nombre (donc en évitant d’y mêler des problématiques qui teindraient l’oeuvre de thèmes à mon sens trop sérieux pour être traités finement dans ma vision fantaisiste, volontairement décomplexée). En même temps, hier même, je m’interrogeais à écrire un petit billet sur la dimension justement politique de mon récit. Elle existe, je l’évoque dès le premier volume, car de toute manière, du moment que vous mettez en scène une société, imaginaire ou non, vous ne pouvez éviter d’évoquer la dimension politique inhérente à toute notion de civilisation ou de culture. Il convient de se poser, de s’interroger deux secondes sur le sens du mot « politique ». Dans notre cher pays, qui aiment les mots sans chercher à les comprendre et à vraiment les connaître, qui adopte un logiciel en limitant la richesse sémantique au bénéfice d’une utilisation pragmatique, la signification des mots, leur signifiance profonde, est pour le moins minimale. Parmi les nombreux brouillons qui trainent dans l’arrière cour de ce blog, qui ne seront jamais publiés pour cause de nihilisme maladif ou simplement parce que je tiens à conserver une certaine neutralité sur certains sujets, il y en avait un sur l’importance des mots, de la langue française, dans ma vie. Je les aime, ces mots, je les adore. Je leur voue une adoration profonde, ils sont pour moi essentiels à mon bonheur, car ils sont l’âme mouvante de ma pensée. En apprendre, en connaître, les articuler, les associer, les interroger, font mon bonheur permanent. Donc, l’étymologie est une discipline qui est devenue pour moi une clé stratégique, une lumière révélatrice, qui procure une signifiance profonde. La signifiance est pour moi, par ailleurs, depuis tout jeune, la seule solution que j’ai pu trouver pour lutter efficacement contre un nihilisme envahissant et donc négatif. Quand rien n’a de sens, il ne vous reste plus qu’à en donner. Avec le temps, vous comprenez que tout est croyance, que ce monde pourtant bien réel, bien matériel, n’existe que par l’interprétation que vous en faites. Plus votre vocabulaire est dense, plus la signifiance est claire, plus le monde le devient. Il en devient parfois plus horrible, il en devient souvent insoutenable d’absurdité. Et par cette ambivalence qui est peut-être la caractéristique la plus ontologique des choses, il en devient aussi plus beau, car accessible, descriptible. Les mots désignent donc ce qui existent dans le dur, mais aussi ce qui est dans l’intangible. Du bonheur puissant de jouer avec idées.

Le mot « politique » a longtemps été pour moi ce qu’il est pour beaucoup de mes contemporains français. Une sorte d’adjectif abscons, désignant une chose informe faisant référence à des événements, à des personnes, à des actes, se situant dans une arène fantomatique appelée au choix démocratie, état, gouvernement, etc. Puis l’étymologie est venue à mon secours, comme souvent. Quand vous êtes autodidacte, quand on ne vous a pas fait profiter d’un héritage culturel prédigéré, préparé et structuré, vous choisissez des stratégies d’assimilation un peu barbares mais aussi très heuristiques. Politique, vient du mot « polis », en grec ancien « la cité ». Simplement, si simplement, la politique traite des choses de la cité. Donc, du moment que vous évoluez dans la dite cité, devenue conceptuellement société avec le temps, vous faites de la politique. Ce n’est pas une action aristocratique comme on s’ingénie à nous le faire croire. C’est simplement évoluer dans une société qui transforme chacune de nos pensées, chacun de nos actes, en choses politiques. Transgresser ou respecter des lois est foncièrement politique. Exprimer une opinion, un avis, discuter et échanger sur quelque sujet que ce soit, est un acte politique. Dans les faits, rien de plus vulgaire et de plus usuel que la politique : elle est inhérente à la vie en société, à la compagnie des individus qui forment un groupe.

Mon projet artistique, est donc en soi une oeuvre politique ; mais que je maintiens, volontairement, dans une intention inoffensive. Je ne crée par une métaphore d’une situation existante, même si je dépeins ce qui caractérise les relations humaines, soit la difficulté à établir un véritable rapport d’égalité dans des structurations sociales où inévitablement l’égocentrisme et l’individualité viennent perturber l’harmonie de la vie en commun. Donc ce commentaire m’a demandé un temps de réflexion pour savoir que faire, pour choisir la méthode d’y répondre. Mon caractère entier et bien malgré moi courageux, ne m’enjoint pas à choisir le silence facile, le silence lâche, le silence pratique, quand on m’interpelle. Mon intelligence me rappelle que céder à la provocation ou agir comme on l’attend de moi serait lui manquer de respect. Donc j’ai décidé de répondre ainsi, de répondre ici, même si je doute que mon interlocuteur, à moins qu’il soit sagace et qu’il se passionne assez pour moi pour s’intéresser à ma double vie (comme ce blog, au grand jour) prenne connaissance de mes propos.

Oui. Je suis totalement d’accord avec Tolstoï. Mais j’y mettrais un petit bémol, malgré tout. La guerre est une chose horrible, abominable, c’est la faillite totale de l’humanité réduite à la simple expression d’une violence intolérable. Ce n’est pas l’adjectif « inévitable » qui me fait admettre les propos de Tolstoï, c’est qu’il y adjoint les adjectifs « utile » et « souhaitable ». Oui, une personne qui donc estime que la guerre est à la fois inévitable, utile et souhaitable est plus que mon ennemie, elle est la négation de l’humanité la plus élémentaire. Un individu qui justifie la guerre par une dimension utilitaire, qui y trouve un intérêt (« souhaitable »), est à mon sens une abomination tant morale qu’intellectuelle.

Après, il y a malheureusement des guerres « inévitables ». Ce sont les plus tragiques, les plus déplorables, les plus décourageantes. Car elles supposent, en amont, que tout a été fait pour ne plus donner le choix à des êtres de justice et de paix que de prendre les armes pour défendre ce en quoi ils placent ce qu’il y a de plus sacré. Je hais la guerre, mais je la ferai pour défendre les idées qui m’animent et les idéaux auxquels je crois. L’histoire et ceux qui en obtiendront le bénéfice, après, la trouveront peut-être, à fortiori, utile et souhaitable. La révolution française aura été un bain de sang, un chaos terrible, un charnier et une folie sur lesquels écloront les plus belles fleurs idéologiques qui sont la fierté de notre pays. Le drame, c’est devoir à semer autant de haine et de souffrance pour en arriver là. Ne pas le déplorer, ne pas le regretter, ne pas nourrir un cynisme amer en constatant que de l’horreur naît la conscience de la beauté, de la bonté, de la réelle importance des choses, dénote une certaine bêtise existentielle. A moins qu’on ait pour nature de faire le mal, comment aspirer à la mort et la souffrance, comment les justifier comme destin commun ?

Je n’éluderai pas l’aspect fallacieux de la question par rapport au conflit ukrainien. Comme toujours, dans ce monde tristement binaire et manichéen, il faut choisir son camp. Qu’importe si tout est toujours plus complexe, si tout se nourrit d’une suite d’événements qui tracent la route où finissent ceux qui débattent pour s’arroger la couronne du bien et de la justice. Pour ou contre. Alors je le dis clairement, ami russe ou du moins slave, je suis contre cette guerre. Mais je ne suis pas contre toi. Je ne suis pas contre mon frère, qu’il soit russe, ukrainien, du Yemen ou de la Palestine, qu’il soit arabe, juif, asiatique, noir, bleu ou vert. Je rappelais hier à mon propre fils que je considère le concept de race pour l’espèce humaine comme une stupidité, comme un concept purement débile, pour signifier un ostracisme vulgaire et minable que jamais, jamais, je n’éprouverai ni ne partagerai.

Je pense que certaine guerre sont inévitables. Je pense que la résistance, mot que j’adore car il signifie le courage et la détermination de s’opposer, est un devoir. Je suis contre la violence, je suis contre l’injustice, je suis contre tout ce qui est mauvais et négatif. Mais il faut parfois se battre, il faut parfois faire face, faire front. Le conflit en Ukraine est déguisé, comme toujours, derrière des discours, des narrations, qui camouflent les enjeux géostratégiques, économiques et politiques. Nous sommes renvoyés, petites fourmis que nous sommes, à nous déchirer entre nous, à nous pâmer de grandeur et de lyrisme, ou à vociférer d’ironie en écoutant le chant hystérique des propagandes.

J’espère que le conflit en Ukraine se terminera très rapidement. Que les peuples ne seront pas instrumentalisés pour servir les intérêts politiques et économiques qui ne visent pas leur bonheur mais leur exploitation. Tolstoï dénonçait l’hypocrisie, le pragmatisme cynique de ceux qui déjà dans les tranchées de la première guerre mondiale ont trouvé un intérêt dans le commerce de l’armement. Le drame, c’est la rapacité humaine, c’est l’envie de domination qui caractérise notre espèce et qui nous entraîne régulièrement dans des moments de folie. Ce n’est même de la perversité morale, c’est de l’amoralité. On ne peut pas être pervers moralement, à moins de situer la moralité comme une chose protéiforme, convenant aux moeurs et aux intérêts d’un contexte précis. Pour moi, le bien est le Bien, le mal est le Mal, et la Vérité n’a qu’une majuscule ou n’existe pas. La moralité, c’est arbitrer constamment pour la réalité du bien, qui lui même s’appuie sur la notion de justice. Comme je l’expliquais à mes enfants, quand ils étaient petits, il est facile de répondre à la question du bien et du mal ; du moment que votre acte entraîne, d’une manière ou d’une autre, de la souffrance et de l’injustice, alors c’est mal. Vous pouvez vivre avec, vous pouvez vous mentir à vous même, vous pouvez déguiser la chose ou trouver toutes les justifications possibles, faire le mal c’est nuire à autrui, tout simplement. La vie n’est pas simple, et parfois il faut consciemment agir mal… c’est regrettable, c’est un échec moral. L’important étant de ne pas trouver ça normal ni, pour reprendre le terme de Tolstoï, « souhaitable ». Après, peut-être que l’écrivain russe croyait en une forme de croyance chez ceux qu’ils dénonçaient, leur prêtant une intégrité, une conscience (et donc une inconscience), les poussant et les motivant à perpétrer l’horreur d’une guerre… je ne crois pas en cette forme de candeur, je n’excuserai jamais ceux qui appuient sur le bouton en disant que c’est bien. Je suis de ceux qui sont révoltés, qui le seront toujours, en me rappelant les morts à Hiroshima et Nagasaki. Encore de nos jours, dans les livres d’histoires, dans l’esprit des gens, cet odieux crime contre l’humanité n’est pas dénoncé, n’est pas stigmatisé pour ce qu’il est. Pour le coup, c’était pourtant évitable, souhaitable et parfaitement utile de ne pas tuer de la manière la plus horrible, la plus cruelle, la plus terrifiante, de pauvres civils innocents. Et il m’est impossible de considérer que cette funeste décision ait pu donner lieu à la moindre interrogation morale car en vérité, si cela avait été le cas, elle n’aurait pas été prise.

Voilà, mon frère russe ce que je pense. Je pense aussi à mon frère ukrainien contre lequel tu vas peut-être devoir t’opposer. Je ne vous souhaite que la paix et la concorde. J’espère que vous retrouverez la voie de la fraternité, au-delà des questions de races, des questions de nation, des questions de religions, de toutes ces croyances qui nous divisent et nous font gaspiller nos vies précieuses dans des conflits vides de sens. J’espère que l’humanité ira à terme vers une voie de justice et de sagesse, je le souhaite et l’ai toujours souhaité ardemment. De ma vie entière, malgré la colère qui souvent m’a animé, je n’ai jamais haï personne, c’est une émotion que je ne comprends pas car elle m’imposerait quelque chose dont je n’ai jamais voulu, même dans les pires moments de ma vie. Je ressens de la miséricorde et de la peine pour tous ceux qui seront victimes de ces conflits, pas seulement en Ukraine, mais dans tous les territoires du monde.

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Mon fils lance son site

Mon fils et moi, c’est l’enfer et le paradis, nous sommes sensiblement différents, et quelque part, ça tient de la redite car je ne peux pas dire que je suis le clone réussi de mon propre père. Et pour moi, mes enfants auront toujours été un puissant bonheur car ma seule ambition, quand ils sont venus troubler mon existence sublime et excitante de célibataire aventurier, aura toujours été d’encourager leur individualité et bien entendu, de les aimer sans réserve ni raison. Je suis un homme qui possède des valeurs finalement désuètes et souvent incomprises (ce qui faisait dire à ma mère, quand j’étais enfant, que j’étais « vieille France »), mais comme je l’ai toujours répété à ma progéniture, entre un parent et ses enfants il n’y a jamais de conditions à l’amour, ni de préférence. Le temps a passé, je me suis depuis séparé de leur maman et la surprise aura été de les voir venir tous les deux avec moi, alors que j’avais toujours pensé et estimé, que la place des enfants, dans l’ordre des choses, est toujours avec la mère. Je ne suis pas là ce matin pour conter ma réalité, éprouvante, de père célibataire… je dirais simplement qu’à l’instar de beaucoup de choses et choix dans ma vie, ça demande pas mal de caractère, de volonté et d’énergie.

Mon fils était un petit garçon assez spécial, je ne m’étalerai pas sur la question, et dès le départ, j’ai compris qu’il fallait faire certains choix stratégiques… tout en craignant, pour le coup, de me planter totalement. Mais je suis resté fidèle à ma philosophie en la matière parentale : croire absolument en ses enfants, les encourager et toujours les pousser, sans les influencer ou les contraindre. Mon fils manifestait souvent une incroyable intelligence et c’est là dessus que j’ai misé. Au fil du temps et de ses réussites, j’ai connu de grands moments de fierté et de bonheur, comme une récompense de ma foi en lui. Je savais, au vu de ce qu’il avait démontré déjà bébé, qu’il serait doué du coté de la logique. La surprise fut de découvrir qu’il s’en sortait pas mal également du coté du logos. Je passe mon temps, depuis leur plus tendre enfance, à tout expliquer à mes enfants, de la politique à l’économie, de la culture à la vie quotidienne, je les aurais barbés mais à dessein. Ils ont développé, malgré eux, une vision très analytique de la vie, et mon fils a vite découvert une passion pour le rétrogaming qui l’a poussé à écrire depuis quelques années des articles sur des jeux, ce qui lui a valu qu’on lui offre parfois des jeux comme salaire. Ces derniers temps, je le voyais parfois flotter entre tous ses loisirs qui reposent essentiellement sur l’univers digital, et je lui ai proposé de lancer son propre site sur le genre de jeu vidéo qu’il préfère : le métroidvania-like !

Je l’ai rapidement formé au backoffice de WordPress, je lui ai conseillé des pistes de réflexion et de création pour qu’il crée lui-même son logo, et je l’ai un peu briefé sur certains points, rapidement. Quand il m’a demandé mon opinion sur la fameuse note, notre réflexion commune a donné naissance au « thermoscore », et j’ai réalisé en une petite vingtaine de minutes des icônes originales et ludiques. Puis il a écrit son premier article, et je lui ai indiqué deux trois notions de référencement et de mise en forme (que je ne respecte, par ailleurs, absolument jamais sur ce blog qui reste un journal intime public… oui, j’ai le goût du paradoxe).

Et donc, voilà… le site s’appelle vaniahero.fr et je suis très fier de mon fils. Ça fait juste du bien de l’écrire.

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Homunculus sur Netflix

Il y a des jours comme ça… après des jours à travailler intensivement, je me dis que non, je ne ferai rien aujourd’hui et que j’allais me détendre un peu. Après une petite heure (quand même) à fignoler un truc (histoire de gagner du temps), je me décide à mettre Netflix pour finir de me Bingwatcher la série pour ado qui vient de sortir, qui est un peu moins pourrie que ce que je bouffe d’ordinaire (je regarde en parallèle la série sur Netflix avec les sorcières). Des trucs que je mets en fond, pendant que je me fais tranquillou des parties de Scrabble… et là je tombe sur… Homunculus ! Ô surprise et vertige ! Je passe quand même un certain temps à regarder tous les cinéphiles sur Youtube, et il était complètement passé sous mon radar (il va ptête falloir me remettre à acheter Madmovies quand j’y pense). Donc, repas de midi, et hop, je viens de voir l’adaptation de ce manga dont il me manque la fin dans la bibliothèque (malheureusement, le Virgin Megastore où j’achetai mes mangas a fermé à l’époque, et donc, j’ai pas clôturé ma petite collection). Un manga génial, au concept osé et vraiment sacrément excitant… à la suite d’une trépanation, opération visant à créer une petite ouverture au niveau du crâne, le protagoniste principal se met à voir les « homunculus » qui sont, en gros, la réalité symboliquement formelle des individus. Par exemple, vous vous trouvez transparent, vous aurez une version de vous même invisible. C’est le cas de figure le plus simple, car la richesse métaphorique des symboles fait qu’à l’arrivée, ce sont à chaque fois des énigmes à résoudre qui permettent, toujours en bref et pour simplifier, de fournir à l’individu une psychothérapie foudroyante. Bien entendu, la psyché humaine et même l’idée de la guérison de nos traumas ne pourront jamais être envisagés de manière si radicale voire réalisable… mais on s’en fout, le pitch était génial, le manga était bien dessiné sans ces « baby face » qui me donnent la migraine, et surtout ça abordait des thématiques actuelles et « intelligentes », dont notamment une question existentialiste (pas moins) sur le bonheur dans un monde qui sacralise les apparences, l’acceptation et le déni. Chaque homunculus est ainsi une personne qui fait le choix de se réfugier dans une prison mentale dans laquelle il est condamné à errer… une prison de déni que la personne a construite elle-même et qui n’est plus une solution, mais bien un enfer. Pas l’enfer avec les flammes et un trident qui vous pique les fesses, mais l’enfer plutôt version Sisyphe.

J’ai donc regardé attentivement l’adaptation sur Netflix, et même si je suis bon client (je me considère comme cinéphile, mais il m’en faut vraiment très peu pour être insatisfait quand j’arrive à aller au bout de la péloche), j’avais peur d’être déçu (Deathnote ?). Mais très heureuse surprise, et en un peu plus de deux heures, tout est ficelé, bien construit, bien amené, bien filmé… Après, et je le répète, le concept à la base est tellement fort (et finalement à peine exploité ici… y a de quoi faire une série !), que de toute manière, la mise en scène s’en trouve facilitée (on est accrochés par chaque « enquête » du héros) c’est vraiment un bon moment et je suis heureux d’écrire ce petit bout de texte juste pour le dire. Par contre, j’ai été aussi très heureusement surpris par le traitement réservé à la jeune fille… Très audacieux en ces temps où la moindre scène de viol peut faire l’objet d’accusation pour apologie ! J’espère que ça ne va pas encore faire l’objet d’une confusion, d’un pseudo débat type Pépé le putois, alors que le héros, de manière indéniable, est juste un pauvre type en pleine errance qui arrive, lors de son voyage au purgatoire, à sauver quelques âmes au passage. Mais faire un vagin (de faux sable) qui parle, j’avoue que c’est… interloquant (les joies de l’euphémisme)… et sacrément audacieux.

Par contre, je viens d’aller voir vite fait le prix des volumes manquants… sérieusement les gens, le but du jeu c’est vraiment toujours de se faire du fric sur le dos des passionnés ?

Petit trailer en passant :

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Bienvenue sur mon blog – www.arcticdreamer.fr

Bienvenue sur ce petit blog, mon petit bout de territoire sur cet immense espace public qu’est Internet. Ce site a pour vocation d’être à la fois une vitrine de mes compétences professionnelles, mais également un champ d’expression pour l’acteur, le citoyen, le consommateur ou simplement l’homme que je suis.

La nécessité d’un blog est la conséquence directe de mon métier d’expert en communication. J’aurais pu me contenter d’une page Facebook ou d’un profil Linkedin (voire Viadeo), mais à mon sens les réseaux sociaux n’ont de réelles potentialités que pour du brand marketing (en créant du lien entre les marques ou les consommateurs) ou pour des structures professionnelles souhaitant établir un contact direct avec leur clientèle ou leurs usagers. Plutôt que réaliser un énième curriculum vitae en ligne, souvent abscons et paradoxalement lacunaire par sa dimension synthétique, ce blog me propose des alternatives intéressantes, qui après un rapide benchmark, m’a semblé l’emporter sur les autres solutions (site html classique, site flash, espace privatif en ligne, etc.). Je reviendrai ultérieurement sur cette identification des médiums actuellement à la disposition des consommateurs sur le web, car dans ce brouhaha médiatique permanent où les modes se bousculent pour aussi vite disparaître ou muter, il n’est pas évident de faire le bon choix quand on est une entreprise, un vendeur, ou un simple internaute en vadrouille.

En réalisant mon petit plan de communication, je me suis demandé comment stratifier le blog en respectant deux stratégies bien distinctes ; la première étant de réalise une vitrine de mes compétences, voire de mes réalisations, la seconde de créer un espace public dans lequel intervenir à plusieurs niveaux (sur des sujets d’actualité par exemple, ou concernant des thèmes plus personnels comme mes loisirs ou mes coups de cœur). Je vous invite donc à naviguer via les catégories présentes dans la colonne de droite, ou vous retrouverez ces deux thématiques, et je vous souhaite bonne lecture.

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