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Arcticdreamer.fr Posts

Un ange passe…

Je ne peux qu’adorer le titre de Coldplay, Hymn of the Weekend, car j’ai vécu exactement ce qui est raconté dans cette chanson. Si je me targue de posséder une véritable spiritualité, je suis trop libertaire pour m’en remettre aux codex simplistes des différentes religions qui composent notre horizon métaphysique. Mais une fois, à un moment crucial, j’ai fait/eu un rêve vraiment étrange et pénétrant, pour paraphraser le poème de Verlaine, qui m’a littéralement galvanisé.

When I was hurt, withered, dried up
You came to rain a flood

Elle m’a juste dit quelques mots… et encore maintenant, quand j’ai un moment de blues, ces paroles me donnent encore la force de me relever et d’avancer. Je n’ai malheureusement pas de certitudes, ou d’explications à fournir concernant cette expérience. Mais la chanson de Coldplay résume intégralement ce que j’ai ressenti et continue au jour le jour à ressentir.

Et le clip est un véritable petit bijou qui, contrairement à ce qui est induit par la polémique actuelle (récupération à des fins mercantiles d’une imagerie pour touristes de l’Inde), évoque la magnificence d’une culture à tout point de vue riche et chatoyante.

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Mort d’Hubert Mounier

Rien à dire, sinon que L’Affaire Louis Trio était un repère joyeux et gai dans ma vie d’adolescent depuis longtemps révolue (quoique…).

J’ai immédiatement pensé à cette chanson magnifique, « Loin » qui a marqué mon entrée dans l’âge adulte et les premiers regrets amoureux.

Repose en paix Hubert Mounier, la beauté de ton art resplendira toujours dans ta voix si belle et émouvante… dont ces vidéos font dès à présent le nostalgique écho.

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Christopher Lee n’est plus…

Bien triste nouvelle, à l’instant découverte sur le monde.fr… Christopher Lee vient de décéder, à l’âge vénérable, mais pas excusable, de 93 ans.

Une icône, un acteur magistral, un homme foncièrement élégant et intelligent… Nous reste sa filmographie dantesque et ses rôles tonitruants (Dracula, L’homme aux pistolets d’Or, Saruman, le comte Dooku, etc.). Avec sa stature imposante son regard perçant, et son physique émacié, il a incarné le prototype de l’homme sagace et souvent sournois (si vous avez l’air trop intelligent, désolé pour vous, mais vous risquez le même et terrible préjugé). Surtout, il avait une incroyable humilité qui l’a fait jouer dans des films parfois limites que la grande majorité des acteurs refuseraient. Il a souvent fait le choix contraire, et il en est à présent révéré.

Une scène avec Peter Cushing, pour le plaisir :

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Kung Fury : 30 minutes de bonheur décomplexé

Un vrai régal que ce petit film concocté par Adam Sandberg, référentiel en diable avec en leitmotiv tous les petits travers filmiques et scénaristiques en cours dans les productions ciné des années 80. Nous ne sommes même plus au stade de l’Easter Egg, tant chaque image, chaque scène, regorge de clins d’œil à des productions ludiques ou cinématographiques/télévisuelles de l’époque.

Financé en partie grâce au Crowfunding, le budget de ce petit bijou décalé d’un montant final aux alentours de 630 000 $ semble dérisoire au vu de certains blockbusters hollywoodiens qui peinent à parvenir à une même efficacité ! Apparemment, A. Sandberg aurait développé tout un merchandising autour de son joyau foutraque, et vous trouverez davantage de détails dans cet excellent article sur Clubic !

Personnellement, mon fils a déjà projeté de m’offrir, pour l’imminente fête des pères, le jeu dispo sur Steam pour la somme effroyable d’1,99 € (soit un euro de plus que le budget prévu).

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Mad Max Fury Road : vous avez dit grandiose ?

 

Je suis un vieux fan de la trilogie Mad Max, de ceux qui encore maintenant se retapent dès qu’ils le peuvent le second opus, un pur chef d’œuvre qui a marqué son époque et influencé une tripotée d’autres auteurs/créateurs. Alors oui, c’est comme pour Sergio Leone, il y aura toujours des jusqu’au-boutistes qui pinailleront en arguant de petits bémols qui sont généralement le fruit d’une subjectivité mal identifiée (comment ça, moi-je ?). Un peu comme Mad Max Fury Road, tout n’est pas parfait, et pour cause, ça ne l’est jamais (Once upon a time in the West, peut-être ?)… et on s’en fout, non ? Hier soir, j’ai pris une super claque, en matant un film tout simplement grandiose.

Je pourrais faire l’audit de toutes les qualités esthétiques du film, mais finalement c’est peut-être son seul défaut. À force d’esthétisation et de design, on arrive un peu à une ambiance de type jeu vidéo. Tout est sale, mais magnifiquement sale. Le désert est sablonneux et aride à souhait, mais toujours photogénique et bordéliquement bien rangé (j’oximorise si je veux… et j’hapaxe si je veux aussi… et je barbarise si ça me prend… je vous embête avec vos libertés personnelles, moi ?). C’est beau, la rétine en prend pour son grade (mode général des armées), et il y a constamment des trouvailles qui démontrent que notre ami Miller n’a rien perdu de son inspiration, au contraire. Il en a sous le capot, le géniteur de notre ami Babe le cochon ! Mention spéciale à l’orchestre ambulant qui déambule au gré de la chevauchée sauvage initiée par Immortan Joe, lancé aux trousses de l’Imperator Furiosa. C’est réellement magnifique, bourré d’idées… mais un poil trop propre peut-être, et en cela Mad Max 2 restera éternellement plus sauvage et transgressif que le bruyant mais un brin (ca)racoleur Fury Road.

Bon, après faut pas non plus déconner, c’est du grand cinéma. En tant que spectateur, je suis devenu une petite boule de flipper frénétique, subissant les impulsions sauvages d’une narration sans temps morts. J’exagère à peine, les quelques et brèves scènes d’exposition ou transition ne sont que de petits oasis avant un énorme tour de grand huit. Je me rappelle péniblement certains films où la frénésie d’images laissaient à la fois dubitatifs et presque nauséeux (Avengers 2 ?)… C’est tout à fait loin d’être le cas de Mad Max Fury Road qui enquille ses séquences avec une belle virtuosité, sans sombrer dans la pétarade grottesque ou d’intenses et inutiles séquences de destruction massive (ce qui devient le passage obligé des productions hollywoodiennes depuis quelques années).

Au niveau de l’intrigue, j’ai l’impression que Fury Road est effectivement davantage un reboot qu’une suite. J’aurais même envie de dire qu’on est pas loin du remake du second opus de la précédente trilogie, tant certaines thématiques et intrigues sont réactualisées. Rédemption/changement de bord pour le sidekick ; chevauchée sauvage dans les deux récits, avec des ressorts similaires (faux convoi destiné à tromper et décimer l’ennemi pour le film avec Gibson, et changement de plan permettant de tromper et décimer l’ennemi dans le second) ; enfin, phase nihilisme/obsession/rédemption/vengeance pour notre Max Rockatansky qui semble tout juste sorti du drame vécu dans le 1er Mad de la première Trilogie, qui conditionne toute la psychologie de héros (et son titre). C’est d’ailleurs amusant comme le Fury Road fait un pont avec le précédent opus, en n’explicitant jamais les raisons des visions psychotiques de Max / Tom Hardy. Les vieux de la vieille sont dans la confidence, tandis que les nouveaux spectateurs, loin d’être stupides (Miller fait donc le pari contraire à la majorité des producteurs hollywoodiens qui insistent généralement très lourdement en évitant toute ellipse narrative et en forçant le trait à l’aide de procédés type image sepia/moirée/sous-titrée « ten years ago »), doivent malgré tout postuler sur les raisons ayant poussé Max à toujours fuir des fantômes qui n’en finissent pas de le hanter.

Alors, Tom Hardy dans le rôle de Max ? Personnellement, j’ai adoré, et il n’y aucune comparaison avec la prestation déjà magistrale de notre bon vieux Mel Gibson. Le Max de Mel était sauvage, à fleur de peau, quelque part à la fois fragile et incorruptible. Le Max d’Hardy est davantage animal, massif, presque ahuri. Mais justement, l’acteur nous offre un personnage complètement différent, plausible, et sympathique.

Charlize Theron ? Comme d’hab, ai-je envie de dire… Elle capture l’objectif, et s’accapare les moments émouvants et grandioses (la découverte du destin de la terre verte…). Véritablement, Charlize Theron est certainement la plus grande actrice de sa génération, ce qui n’était pas gagné avec son physique de mannequin peroxydé.

Nicholas Hoult nous offre enfin un rôle véritablement consistant en terme d’interprétation (pas que je l’aime pas en bleu dans la saga x-men, mais retrousser les babines n’est pas non plus ce que j’attends d’un acteur… et puis au passage, vous vous êtes pas marré, vous, quand vous avez vu sa première version du Fauve ?). Que ce soit dans Warm Bodies ou Jack et l’abricot magique (oui, ce n’est pas un haricot, arrêtez de croire tout ce que vous lisez sur des blogs comme le mien, y a que des névrosés qui sont capables d’écrire autant d’inepties en se prenant au sérieux), il convainquait, certes, mais n’émouvait pas. Miller lui offre un rôle casse-gueule par excellence, et au contraire, il révèle toute la palette d’un acteur qui l’air de rien, est en train de réaliser une belle et jeune carrière (maintenant que nous sommes convaincus qu’il n’a pas besoin de prothèses faciales, quoi !).

Pour le reste, bah, je ne vous déflorerai pas l’intrigue. Ah si, je me suis marré en pensant à certaines critiques concernant le pseudo-féminisme de Miller, camouflant à l’encontre des velléités machistes (vieille philosophie à base de poils). Alors, oui, Mad Max Fury Road est bien un film féministe et dans le meilleur sens du terme. Les femmes ont les graines (superbe métaphore pour les balles, qualifiée par une des héroïnes, « d’anti-graines » – tout ce qu’elles plantent, elles le tuent), c’est grâce à elles que le monde peut exister, avoir un avenir. Certaines sont montrées comme de simples objets, convoitées par des hommes libidineux ? Toutes (car il n’y a pas que des bimbos dénudées), se battent, résistent, se révoltent, tuent, meurent. Mention spéciale pour la porteuse de graine, et bien sûr, l’Imperator Furiosa, régalienne. Mad Max Fury Road est un film féministe par excellence car il parle de résistance, et évoque justement les combats féministes du siècle dernier, quand tout était à gagner par les femmes (dont le droit à participer au massacre de la démocratie représentative). Si montrer une jolie fille, même du point de vue d’un homme, est un acte machiste, c’est faire un procès à l’idée de féminité, et sa connotation habituelle de beauté et de grâce. Miller, dans Mad Max Fury Road, justement, nous offre à la fois l’image d’une Furiosa asexuée et mutilée, qui complète celle des favorites, effectivement façonnées pour répondre aux désirs et attentes de l’homme. Deux concrétisation de la féminité, l’une dans la force et la martialité, l’autre dans la douceur et la sensualité. Et que dires des mères qui ouvrent les valves de l’eau source de vie, et des matriarches usées et fanées par le temps ? Le film de Miller ne parle pas d’une femme, mais des femmes, sans justement cantonner ce sexe a un simple rôle de faire valoir ou d’objet pour les hommes du récit, Max en tête. D’ailleurs, l’issue du film m’a rappelé la fin de Once upon a time in the west, quand Claudia Cardinale regarde partir l’Harmonica. Dans les deux films, la femme forte et résistante représente l’avenir et le bonheur, celle qui construit et fait germet l’avenir (d’ailleurs dans les deux films, la scène finale voit la/les femme(s) apporter de l’eau à une humanité assoiffée) tandis que l’homme ne peut que retourner dans le désert de sa solitude et du passé (y a un © sur cette phrase, donc merci de pas la copier/coller, svp).

La bande annonce du film, au cas où vous auriez oublié l’existence de Google :

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C’est l’histoire d’un mec…

…qui joue gros, et qui est payé pour ça. C’est l’histoire invraisemblable d’une justice qui se laisse manipuler et qui penche d’un coté plutôt que rester à l’équilibre. Apparemment, c’est une histoire nouvelle qui est en train de nous être racontée… et qui semble beaucoup plus crédible que l’ancienne !

Interview émouvante de Jérôme Kiervel, qui n’y croyait plus, sur le site de l’express :

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I’m not in love

J’adore cette version de Diana Krall du tube immortel de 10cc, et vu que j’ai la flemme de chercher dans mes favoris, j’utilise mon blog pour me détendre en fin de journée 😉 et me faciliter la tâche !

« Big boys don’t cry… » Et à la fin de la vidéo, n’hésitez pas à découvrir les autres chansons réinterprétées par la talentueuse artiste à la voix vacillante, comme Don’t dream it’s over de Crowed House ! « They come to build a wall between us…. »

I’m not in love
So don’t forget it
It’s just a silly phase I’m going through
And just because
I call you up
Don’t get me wrong, don’t think you’ve got it made
I’m not in love, no no, it’s because..

I like to see you
But then again
That doesn’t mean you mean that much to me
So if I call you
Don’t make a fuss
Don’t tell your friends about the two of us
I’m not in love, no no, it’s because..

I keep your picture
Upon the wall
It hides a nasty stain that’s lying there
So don’t you ask me
To give it back
I know you know it doesn’t mean that much to me
I’m not in love, no no, it’s because..

Ooh you’ll wait a long time for me
Ooh you’ll wait a long time
Ooh you’ll wait a long time for me
Ooh you’ll wait a long time

I’m not in love
So don’t forget it
It’s just a silly phase I’m going through
And just because I call you up
Don’t get me wrong, don’t think you’ve got it made
I’m not in love
I’m not in love

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Saint Seiya : la légende du Sanctuaire ou How transformers meet Saint Seiya

Oulà, bonjour cher blog ! Faute de temps, j’ai un peu délaissé cet espace web virtuel, mais bon, j’ai commis l’erreur fatale d’aller voir le film Saint Seiya : la légende du Sanctuaire au ciné, ce jour…

Déjà, et ça reste un point de vue très personnel, qui ne rencontre pas beaucoup de compréhension de mes congénères et concitoyens français… je ne supporte pas cette traduction douteuse de « chevalier »… LES CHEVALIERS DU ZODIAQUE ! Non mais, stop Dorothée powa les gars ! Qu’il y a 30 ans, les experts marketing émettent de doutes concernant la traduction littérale du mot « saint » dans un pays exemplaire en terme de laïcité, je peux encore l’accepter… Mais maintenant, dégager la dimension chrétienne qui imprègne totalement le récit en lui juxtaposant tout une culture médiévale qui l’air de rien est hors sujet dans une intrigue qui digère les icônes de la mythologie grecque, ça me saoule carrément.

Alors que j’ai allégrement passé le cap de la quarantaine, je kiffe (notez le verbe faussement d’jeun pour établir un contraste un brin putassier et provocant) « Saint Seiya ». « Saint », c’est un terme qui invoque le sacré, le miraculeux, le vertueux. « Saint » est un terme qui désigne un héros en révélant par avance sa grandeur et son destin hors du commun. Mais bon, on peut pas dire que ce soit encore le cas dans le film minable qui vient de sortir, hein ?! Nan, y a définitivement rien à voir avec la série d’antan, avec ses héros emplis d’abnégation qui en bavaient des vertes et des pas mûres afin de sauver leur vénérée déesse. Oui Monsieur ! Y en avait de l’ascension dans l’ancienne série, de l’épiphanie, de la théophanie… du spectacle quoi !

Saint Seiya, c’était simplement assister à l’apologie du miracle en dessin animé… Les héros se faisaient passer dessus, laminer, désintégrer, déchiqueter… à la fin il invoquait le droit à un gros miracle (avec une rapide prière à Athéna, sans amen), et ils l’avaient. C’était beau, émouvant, poignant, captivant, et unique dans le paysage animé et audiovisuel. Je me rappelle, ému, Hyoga en train de ramper, réduit à l’état de zombie pathétique, suscitant la compassion du Saint du Scorpion (changé en femme dans le film en 3d, sans doute pour convenir à des aspirations à la parité ou simplement parce qu’affubler un dard à une Sainte a peut être émoustillé les scénaristes, je sais pas…)… Je me rappelle Seiya, face à un Aiolia furieux, complètement écrasé et désespéré par son adversaire, supplier « une fois, une fois seulement », avoir la force de surpasser son opposant. Je me rappelle Shiryu, décidant d’en finir avec Shura dans une belle imitation du dernier lancement de la fusée ariane. Je me rappelle Ikki empoignant Shaka dans une séquence nihiliste et qui reste encore l’exemple même de la notion de sacrifice. Je me rappelle Shun, maudissant sa propre nature, incapable d’achever un adversaire qui va pourtant le tuer quelques secondes plus tard.

Des moments incroyables, qui montraient des héros humains, ravagés de doutes et de souffrances, trouvant la foi et s’y accrochant comme des puces sur le dos d’un chien à poils longs, prêts à tout sacrifier pour un idéal, un ami, une cause. L’air de rien, des icônes qui n’ont jamais été d’autant d’actualité à une époque où la jeunesse est sans cesse moquée et bousculée par un système qui ironiquement les manipule et les transforme en bons petits soldats. Eh, les jeunes, prenez le temps de mater la vieille série, et vous verrez d’autres petits jeunes traités de haut par leurs ainés. Ou alors matez le film, et comprenez qu’on ne vous propose comme philosophie que de l’esbroufe servant à vous tendre un miroir, dont le but est de vous métamorphoser en bande de powerangers sous acide. J’ai carrément halluciné en écoutant le discours finale d’Athéna / Saori Kido, qui nous la fait petite fille élue qui comprend pas mais qui veut bien quand même être une déesse parce que voila, elle a des amis, quoi… Changer le monde, se battre contre l’injustice, c’est trop compliqué, passé de mode, et ça permet pas de faire du marketing direct vendeur de goodies.

Seiya a troqué sa panoplie de combattant infaillible et vertueux pour celle du clown maladroit mais tellement attachant (attachiant ?) ; Shiryu a évolué en psychorigide maniaque du contrôle, littéralement assommant ; tandis que Shun et Hyoga sont devenus des beaux gosses interchangeables, aussi lisses que transparents. Reste Ikki, qui a perdu son nihilisme désespéré pour une mâle attitude décomplexée qui ne lui sert plus à grand chose (« oh mince, j’ai perdu ! »).

Alors le souci, c’est que c’est beau, on a l’impression de mater une compilation des cinématiques de Final Fantasy, et l’univers décrit n’est pas dégueulasse… à condition de s’exonérer de l’ancienne série, de sa richesse tant thématique que scénaristique, de la caractérisation formidable des différents protagonistes de l’histoire (héros comme adversaires), d’une certaine vision de la femme (contrairement à ce que j’ai lu récemment, l’ancienne Athéna elle en avait dans la culotte : pour ceux qui ont un doute, je les invite à visionner le refus qu’elle oppose à un Poséidon génocidaire), d’une intrigue savoureuse dont l’issue restait incertaine jusqu’aux dernières minutes de la première série… Ils ont même retiré à Saga sa rédemption ces enfoirés !

En fait, le film est marqué par l’héritage des films hollywoodiens produits ces dernières années, la franchise Transformers en tête (y a qu’à voir le petit canon articulé sur l’épaule de Camus… ridicule). Ca pête de partout, les armures et les personnages se transforment comme les robots de Michael Bay, et on sent le principe du bigger and louder (rien que la scène d’ouverture laisse dubitatif avec une scène digne d’un shoot them up). Si en sus on ajoute les incohérences (tiens, Hyoga est maintenant à coté de Shiryu dans la maison du Cancer), les délires comiques (la scène avec Masque de Mort, hommage aux pires moments musicaux des films disney), le design très tendance tatoo / jeunes bourgeois bobo (le petit anneau dans le nez ou la lèvre, les tatouages), et la déstructuration méthodique de l’intrigue initiale pour coller aux contraintes de temps, il ne reste pas grand chose à sauver de ce navet intersidéral. Voir le massacre réalisé dans ce film, c’est un peu comme assister à la trilogie du Lord of the Ring réduit à un trailer d’une heure trente.

Pour être totalement honnête (oui, ça m’arrive), ce film est une purge en considération de l’œuvre initiale. Mais si vous n’avez pas connu ou aimé la série des années 80, sa vision peut finalement être une expérience sympathique, tout du moins visuellement. Personnellement, je n’ai jamais tant aimé la série initiale, qui demeure définitivement un trésor unique en son genre. Et je ne suis pas un regretteur d’hier comme l’a si bien chanté Alain Souchon, mais juste un gars qui n’a pas retrouvé la saveur de ce qu’il appréciait avant.

Je vais personnellement tâcher de vite laver mon cortex des restes de ce spectacle abêtissant. À l’Athéna geignarde et neuneu du film, je préfèrerai toujours celle qui murmure à un Ikki désespéré, alors qu’elle-même git sous la pluie, une flèche dans le cœur : « Non Ikki, ce n’est pas la fin… » Une belle leçon de grandeur et de résistance, à laquelle le film n’a su, à aucun moment, rendre hommage.

La fin du combat opposant Shiryu à Shura, pour le plaisir… Rien qu’en entendant la voix du regretté Henri Djanik, ça me fout les larmes aux yeux T_T

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